1er mai, muguet... au fait, c'est quoi la Fête du Travail ?

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Pour beaucoup, le 1er mai renvoie à la Fête du Travail mais aussi évidemment à la fête du muguet. Pour autant, hormis le fait que cette journée soit pour la plupart fériée et donc chômée, rares sont les personnes à connaître la véritable genèse de ces dernières, qui remonte respectivement à 1886 et au Moyen-âge. Petit tour d'horizon.

Comment la journée du 1er mai est-elle devenue la Fête du Travail ?

Pour comprendre l'évènement actuel, il faut remonter à l'année 1886 à Chicago. Ce jour là, un mouvement de contestation est lancé par les syndicats américains pour soutenir la journée de travail de 8 heures. Dès lors, une grève qui réunit 400 000 salariés immobilise de nombreuses usines. Tandis que le mouvement se poursuit le 4 mai, une bombe est projetée sur les forces de l'ordre, qui ripostent aussitôt. Résultat : une douzaine de morts dont sept policiers. Suivront les condamnations à mort de cinq anarchistes.

En mémoire du 1er mai 1886 de Chicago, le congrès de la deuxième internationale socialiste – en assemblée à Paris le 20 juin 1889 pour le centenaire de la Révolution française – choisit de faire du 1er mai une journée symbolique de lutte à travers le monde dont l'objectif est l'obtention de la journée de travail de 8 heures. À partir de l'année suivante, des milliers de manifestants profitent du 1er mai pour porter un triangle rouge renvoyant à trois revendications : 8 heures de travail, 8 heures de sommeil et 8 heures de loisirs. En 1907, le triangle rouge, qui a été remplacé par l'églantine, se mue en brin de muguet.

Si le 1er mai prend dès lors une tournure symbolique dans l'inconscient collectif des Français, il faudra cependant attendre le 1er mai 1936 et son cortège de manifestations historiques pour que la formule se fasse durable. C'est à ce moment que se forme le Front populaire, présidé par un certain Léon Blum, qui permet d'aboutir à l'adoption de la semaine des 40h, de la reconnaissance du droit syndical et des deux premières semaines de congés payés.

Quelques années plus tard en 1941, alors que la France est occupée par l'armée allemande, le gouvernement de Vichy – désireux de gagner la confiance des ouvriers –  désigne le 1er mai comme "la Fête du Travail". C'est à partir de ce moment que la journée devient chômée. Une mesure qui sera par la suite reprise par le gouvernement issu de la Libération en avril 1947, qui fera du 1er mai un jour férié et payé. À l'heure d'aujourd'hui, l'évènement a été repris par une majorité des pays européens. Mais la Fête du Travail est également célébrée en Afrique du Sud, en Amérique Latine, en Russie et au Japon. À noter que le Royaume-Uni célèbre pour sa part le premier lundi de mai.

Ce que prévoit le code du travail le 1er mai

D'après l'article L3133-4 du code du travail, "le 1er mai est un jour férié et chômé". Et l'article L3133-5 de préciser que "le chômage [induit par le] 1er mai ne peut être une cause de réduction de salaire" et que "les salariés rémunérés à l'heure, à la journée ou au rendement ont droit à une indemnité égale au salaire perdu du fait de ce chômage. Cette indemnité est à la charge de l'employeur".

À noter, enfin, selon l'article L3133-6 que "dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, les salariés occupés le 1er mai on droit, en plus de leur salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire". Une indemnité encore une fois à la charge de l'employeur.

La fête du muguet, un évènement qui prend racine au Moyen-âge

Dès le Moyen-âge, époque à laquelle le muguet – plante au départ originaire du Japon – fait son apparition en Europe, la fameuse plante à clochettes printanière est largement considérée comme une fleur porte-bonheur, notamment par les Celtes. Mais il faudra attendre le 1er mai 1561, jour où le roi Charles IX reçut en cadeau un brin de muguet, pour que le rituel de la cueillette s'installe véritablement. À compter de ce jour, il était de coutume d'offrir de tels présents le premier jour de mai aux dames de la Cour, et à toutes les autres.

Habitude disparue, la cueillette du muguet était aussi l'occasion de rencontres amoureuses. Ainsi, de nombreux évènements appelés "bals du muguet" furent organisés un peu partout en Europe, où les filles revêtaient des robes blanches et les garçons ornaient leur boutonnière de la fleur à clochettes. Par la suite, vers le début du XXème siècle, il sera également de coutume chez les couturiers d'offrir aux ouvrières trois brins de muguet.

La vente de muguet du 1er mai

Aujourd'hui et depuis un arrêt de la Cour de cassation du 21 mai 2000, la vente de muguet par les particuliers sur la voie publique est exceptionnellement autorisée chaque 1er mai. Cette tolérance admise par les autorités locales s'inscrit dans une longue tradition. Mais attention : de nombreuses communes réglementent toutefois par arrêté municipal la vente occasionnelle du muguet ce jour là.

Et à l'exception de la vente du muguet le 1er mai, la vente de fleurs et par extension tout type de ventes sur la voie publique sont soumises à une réglementation. Quoiqu'il en soit, cette année, la récolte du muguet du 1er mai, produit à 80 % par les maraichers de la région nantaise, s'annonce comme prolifique…

Sources : Herodote, service-public, économie.gouv