Top 10 des meilleurs films de fin du monde

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Alors voilà, le 21 décembre 2012 – nous dit-t-on – serait le jour annoncé de la "fin du monde", date à laquelle se terminerait pour certains experts le cycle calendaire Maya. Problème : les avis divergent largement sur la question et d'autres spécialistes – dont le chercheur au Cnrs Jean-Michel Hoppan – avancent des calculs reportant la correspondance de 208 ans. Et dans les deux cas : pas l'ombre d'un raz-de-marée. Quoiqu'il en soit, le cinéma n'a de son côté pas attendu 2012 pour mettre en scène le crépuscule de la planète bleue. Mieux encore : quelques perles du genre jalonnent les entrailles du septième art. Nous en avons sélectionné pour vous quelques-unes.

Difficile de faire l'impasse sur les longs métrages de Michael Bay et Roland Emmerich lorsqu'on parle de films catastrophe à grand spectacle. De Armaggedon à 2012 en passant par Independence Day et Le Jour d'Après, les deux hommes n'ont eu de cesse de chercher à mettre les spectateurs au cœur même du cataclysme. Astéroïde démesuré nous réservant le même sort que les dinosaures, mégalopoles englouties dans les entrailles de la Terre, tsunamis de plusieurs centaines de mètres… les péripéties sont plus impressionnantes les unes que les autres dans ces blockbusters. Mais au-delà de prouesses techniques tout simplement ébouriffantes, les stéréotypes véhiculés par ces superproductions sont innombrables.

Ces dernières années, quelques films sont néanmoins parvenus à se détacher des archétypes pour proposer une vision réaliste de l'apocalypse, vécue de l'intérieur. C'est le cas de 4h44 Dernier Jour sur Terre (sortie en salles le 19 décembre), où le réalisateur new-yorkais Abel Ferrara s'en est donné à cœur joie en mettant en scène les derniers instants d'un couple (Willem Dafoe & Shanyn Leigh) dans une ambiance sexe, drogues & rock'n roll. Pour le réalisateur, l'imminence d'une catastrophe amplifie les capacités créatives de l'être humain. Dans la même veine, mais cette fois-ci dans une ambiance toute en langueur avec Melancholia (2011), le cinéaste Danois Lars Von Trier plonge ses héroïnes Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, dépressives qui n'attendent déjà plus rien de la vie, dans une fin du monde tragi-romantique presque radieuse. Un grand moment de cinéma accentué par de nombreux emprunts à la peinture romantique (Brueghel, notamment).

En France, le duo de réalisateurs frenchie Arnaud et Jean-Marie Larrieu préfèrent caricaturer Horace et son carpe diem dans Les Derniers Jours du monde (2009) en projetant Mathieu Amalric dans le sillage de ses anciennes conquêtes – un peu à la manière d'un Broken Flowers, de Jim Jarmusch. Le cataclysme approche mais qu'importe : autant profiter des derniers moments comme il se doit en une grande fête. Gastronomie, galanterie, polissonneries, le film ne manque pas de piquant.    

Avec Take Shelter (2012), le réalisateur américain Jeff Nichols s'est quant à lui éloigné de la quête d'une fin réussie. Pour le metteur en scène, la fin du monde se situe en effet surtout dans les destins individuels, comme celui de Michael Shannon, rendu morose, instable et paranoïaque par son emploi dans un chantier. Selon lui, le monde s'apprête à essuyer une tempête qui détruira tout sur son passage. Mais cette dernière est-elle réelle ou le fruit de sa paranoïa ?

La science fiction a elle aussi souvent enfanté des œuvres traitant la fin du monde. C'est notamment le cas du film L'Armée des 12 Singes (1995) – inspiré par le célèbre et grandiose court-métrage La Jetée, du regretté Chris Marker -, une des œuvres les plus abouties de Terry Gilliam. Celui-ci prend place dans un futur où la surface de la Terre est devenue invivable à cause d'un virus mortel. Un prisonnier du nom de Cole va être envoyé dans le passé pour découvrir qui a répandu la bactérie. Principal indice : un groupe supposé de terroristes appelé "L'Armée des 12 Singes". Au programme : paranoïa, apocalypse, boucle temporelle. Pour Gilliam, l'espace temps est un continuum que rien ni personne ne peut modifier. La fin du monde est irréversible.

Le grand James Cameron (Terminator, Aliens, Titanic, Avatar, etc.) est un grand habitué des scénarios catastrophe. Depuis toujours, le réalisateur insuffle à ses œuvres une dose de mise en garde. Ainsi, dans Abyss, le principal ennemi de l'homme n'est autre que lui-même. C'est en effet la pollution et la guerre qui amènent les extraterrestres à décimer la population terrestre. Dans Terminator, ce sont les nouvelles technologies qui prennent petit à petit le pas sur l'homme et finissent par l'anéantir. À ce titre, Terminator 2 (1991) – l'un des plus grands films de science fiction, n'en déplaise à ses détracteurs -, contient une séquence de fin du monde à la fois grandiose et traumatisante. Dans un rêve, Sarah Connor marche vers une grille derrière laquelle elle se voit elle-même dans un parc accompagnée d'un enfant. Tout à coup, l'horizon s'illumine. Ce que l'on imagine être une bombe nucléaire emporte tout sur son passage et les corps sont soudainement décharnés et décomposés. Il s'agit sans aucun doute d'une des visions les plus pessimistes et frappantes que le cinéma ait pu donner à voir.

Plus drôle mais non moins tragique, la fin du chef d'œuvre Docteur Folamour, de Stanley Kubrick, au cours de laquelle le Major TJ chevauche gaiement une bombe atomique en plein vol en lâchant un tonitruant "Hi there !", est un des moments les plus cultes de l'histoire du cinéma. Au moment de la sortie du film, le monde est alors en pleine guerre froide et la paranoïa s'installe chez bon nombre d'américains. Incarnant trois personnages différents, Peter Sellers offre à travers Docteur Folamour l'une de ses prestations les plus mémorables.  

À l'heure où l'univers des zombies connait une renaissance au sein des industries culturelles (cinéma, jeu vidéo, séries télévisées, etc.), il serait dommage de ne pas la mettre en lien avec la soudaine obsession de chacun pour la fin du monde. Au cinéma, qui d'autre que George A. Romero (La Nuit des Morts Vivants), un des plus grands réalisateurs du cinéma d'horreur, a su saisir avec autant de brio le crépuscule de ce qui faisait l'humanité ? Dans son film Zombie (1978), c'est la société de consommation et le capitalisme qui entrainent la fin de l'espèce humaine. Une ode sanglante qui invite à la réflexion. Hébétés, hagards, déambulant dans les allées des supermarchés, ne serions-nous pas déjà devenus des zombies ?

Dans le même genre…

Le Dernier rivage, de Stanley Kramer, 1959

Les Oiseaux, d'Alfred Hitchcock, 1963

Soleil Vert, de Richard Fleischer, 1973

La Dernière Vague, de Peter Weir, 1977

The Aftermath, de Steve Barkett, 1982

2019 après la chute de New York, de Sergio Martino, 1983

Sur le globe d'argent, de Andrzej Żuławski, 1987

Los Angeles 2013, de John Carpenter, 1996

Last Night, de Don McKellar, 1999

Sunshine, de Danny Boyle, 2007

Phénomènes, de Michael Night Shyamalan, 2008

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