Les 4 astuces d’Isaac Asimov pour trouver une idée d’enfer

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Technology Review, le site du MIT, vient de publier des échanges datant de 1959 entre le célèbre écrivain de science-fiction Isaac Asimov et la DARPA, l’agence  américaine pour les projets de recherche avancée de défense. L’occasion d’en savoir plus sur le point de vue du romancier à propos du processus de créativité…

Des échanges remontant à 1959 entre Isaac Asimov et la DARPA viennent d’être rendus public par le site Technology Review. Une telle rencontre au sommet pourra en étonner plus d’un. Mais selon Albert Obermayer, un chercheur du Massachussetts Institute of Technology (MIT) qui travaillait conjointement avec la DARPA sur un projet de défense antimissile balistique, cette collaboration entre l’écrivain et la célèbre agence s’explique : à l’époque, le gouvernement considérait que l’ensemble des investissements effectués en vue de l’amélioration ou de l’extension des technologies actuelles n’étaient pas adaptés. De fait, il fallait donc comme le raconte Obermayer "que nous et d’autres contractuelles réfléchissions « out of the box »."

Penser "en dehors de la boîte"

À cet effet, Obermayer a aussitôt songé à son ami Isaac Asimov. Résultat, le romancier-biochimiste a écrit un article sur la créativité. Après quoi, celui-ci a tout de suite choisi d’arrêter d’être en contact avec le gouvernement américain afin de ne pas être informé d’une quelconque information classifiée, et ainsi conserver sa liberté d’expression.

Quoi qu’il en soit, Asimov avance une réflexion fascinante dans ce fameux article. Ce dernier indique notamment que le processus de création – et de manière générale toute méthode générant des idées – n’est jamais réellement facile à déterminer, et ce même pour les pionniers et autres initiateurs en personne.

De la difficulté d’être en avance sur son temps

Mais en 1959, à l’heure où l’innovation n’est autre que l’élément central de l’économie, Isaac Asimov a une idée surprenante : à rebours des idées de l’époque, il déplore la trop grande difficulté d’être en avance sur son temps et de réfléchir "out of the box". Il met ainsi en évidence que le monde d’alors va dans les faits à l’encontre de la créativité, et que le fait d’être créatif en public est bien souvent mal perçu. Pire : Asimov pointe l’impossibilité de spéculer, de réfléchir à propos de l’avenir en public.

La meilleure façon de favoriser la créativité selon Asimov

Face à ce barrage à l’innovation, Isaac Asimov considère qu’il faut donc nécessairement que les créateurs puissent se sentir en sécurité, en échappant à l’hostilité que suscite généralement le processus de création. À cet effet, l’auteur visionnaire affirme qu’"il doit y avoir de l’aise, de la relaxation et un sens général de la permissivité, une ambiance bon enfant". Pas tout à fait le genre d’atmosphère à laquelle on s’attendrait dans une agence gouvernementale travaillant sur des projets classés top secret. D’ailleurs, Asimov va même plus loin dans sa réflexion en jugeant que rien n’est plus contreproductif pour un chercheur que la pression du résultat et la multitude de responsabilités.

Mais alors qui seraient les véritables créatifs ?

Comme le rapporte Gizmodo, Asimov faisait remarquer dans son article pour la DARPA que les grandes idées viennent en réalité de personnes qui n’étaient pas payées pour avoir ces grandes idées. Non, ces personnes étaient selon l’écrivain des professeurs, ou par exemple des personnes travaillant à l’office des brevets, des fonctionnaires, ou encore des personnes pas rémunérées du tout. Résultat, les grandes idées proviendraient des marges, en annexe.

Un point de vue qui, encore aujourd’hui, pourrait alimenter la réflexion de l’ensemble des entreprises en quête d’innovation. D’ailleurs, une telle réflexion n’est pas sans rappeler l’initiative d’une entreprise nommée Google, qui laisse 20 % de temps libre à ses développeurs souhaitant travailler sur un projet personnel. Reste toutefois qu’en pratique, le dispositif mis au point par Google ressemblerait davantage, selon certains, à une obligation de travail supplémentaire. Tant et si bien qu’un long chemin reste encore à l’heure actuelle à parcourir à ce niveau…

Sources : gizmodo, slate