Les ados gothiques, plus déprimés que les autres jeunes ?

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Robert Smith, leader du groupe Cure - creative commons / Bill Ebbesen
Robert Smith, leader du groupe Cure - creative commons / Bill Ebbesen

Le 28 août dernier, une étude menée à l’Université d’Oxford en Angleterre a été publiée dans la revue The Lancet Psychiatry. Où l'on met en évidence que les jeunes adhérant au mouvement gothique ont une forte prédisposition à la dépression et au suicide.

Ils s’habillent dans des tons sombres et voient la vie en noir : ce sont les gothiques. Pareil stéréotype pourra sembler un brin inepte, et pourtant. Selon une récente étude menée par des spécialistes de l’Université d’Oxford, les adolescents versés dans ce mouvement culturel devraient faire l’objet d’une attention particulière. Pourquoi ? Car ils seraient sujets à la dépression et au suicide.

 

L’influence de groupe détermine le comportement

Pour étayer leur théorie, des spécialistes britanniques ont mené une enquête sur près de 2 300 adolescents souscrivant plus ou moins à des sous-entités culturelles telles que les gothiques, les "sporties", les "populars", les "skaters", les "loners" et les "bimbos". Les sujets ont porté sur leur état psychologique et dépressif, leurs envies automutilatrices et leurs tendances suicidaires à l’âge de 18 ans.

Les résultats ont révélé que les adolescents devenus gothiques vers leur 15e année étaient trois fois plus dépressifs que les autres jeunes, et qu’ils avaient cinq fois plus tendance à l’automutilation ou au suicide. Les chercheurs en ont conclu que cet état d’esprit négatif pouvait être dû à l’“effet de contagion par les pairs”, à savoir l’effet boule de neige. D’après Lucy Bowes, la responsable de cette étude, les gothiques sont plus vulnérables aux affections et autres atteintes psychologiques, mais leur état dépressif et suicidaire n’est pas lié directement au fait d’être gothique. Toujours selon ses dires, ce mouvement culturel attire surtout des jeunes déprimés qui y trouvent un moyen d’exprimer leurs soucis et leur mal-être, expliquant la dépression et les autres tendances destructrices.

 

Les gothiques ne sont pas les seuls à surveiller

Outre les gothiques, l’étude de Lucy Bowes attire l’attention des parents et des autorités compétentes sur d’autres groupes de jeunes. D’après les résultats de la même enquête, il s’avère que les "skaters" et les "loners", ces jeunes qui affectionnent la solitude, seraient plus susceptibles de se faire du mal que les gothiques.

Les spécialistes d’Oxford conseillent donc aux parents et aux autorités de garder un œil sur les adolescents qui sont très impliqués dans certains mouvements culturels, car leur engagement serait proportionnel au risque de tendances autodestructrices.

 

Sources : sciencesetavenir, rtl