Alimentation : que cachent réellement nos boîtes de thon ?

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D’après une enquête menée par l’association de défense de l’environnement Greenpeace, les fameuses boîtes de thon que pas moins de 9 Français sur 10 ont l’habitude de consommer cachent en réalité des pratiques catastrophiques. Explications.

Pour Greenpeace, l’heure est venue pour les consommateurs de faire pression sur les marques de poisson en boîtes pour qu’elles changent leurs pratiques. Pourquoi ? Parce que les techniques de pêches qu’elles mettent en œuvre sont déplorables, notamment sur le plan écologique. Selon une étude réalisée par l’association de défense de l’environnement, la pêche industrielle se sert entre autres d’abris artificiels en mer, à savoir de systèmes de concentration de poisson où se cachent d’abord les petits poissons, qui attirent par la suite les plus gros, à l’instar des thons.

En pratique, les thoniers, les navires de pêche spécialisés dans la pêche du thon, libèrent un gigantesque filet – la senne – qui emprisonne tous les poissons. Problème : sont également charriés les thons qui ne sont pas en âge de se reproduire – d’où un souci concernant le renouvellement de l’espèce –, sans compter les requins, les raies ou encore les tortues. Des victimes collatérales de cette pêche intensive mal pensée qui sont par la suite replacées en mer, mortes ou à l’agonie.

Les bons élèves…

Atterré par cette situation, Greenpeace a choisi de réaliser un classement des marques de boîte de thon que l’on trouve dans les supermarchés et hypermarchés, en fonction des techniques de pêche mises en œuvre. Si la plupart se révèlent dramatiques, comme Petit Navire, quelques bons élèves sont toutefois à différencier : c’est le cas des marques Phare d’Ekmül et Système U.

Contrairement à la concurrence, l’ensemble des poissons vendus dans les conserves Phare d’Ekmül sont pêchés à la canne ou à la ligne de traîne, et 60 % de ceux proposés par Système U le sont également. Un engagement permettant d’éviter les victimes collatérales et de cibler les thons en âge de se reproduire.

... et les autres

À l’inverse, la principale marque sur le marché français, Petit Navire, qui représente plus de 25 % du marché hexagonal est en queue de peloton. Un carton rouge aussi valable pour l’autre géant de la pêche industrielle, Saupiquet (13 % des ventes en France), pour la marque Connétable ou encore les distributeurs Intermarché. Ainsi, chacun d’entre eux mettent en application des techniques de pêche non sélective. À noter que les marques Casino et Leclerc ont préféré ne pas répondre à l’enquête.

Carrefour et Auchan sont quant à eux légèrement plus responsables, même si plus de la moitié des poissons qu’ils vendent ont été pêchés via un système de concentration.

La surexploitation de l’Albacore préoccupante

Aujourd’hui, le thon est sans surprise l’un des poissons les plus consommés à travers le monde. Et pour cause : les Français en avalent en moyenne individuellement pas moins de 2,7 kg par an. De fait, les industriels vident littéralement les océans au détriment de leur régénération. En France, c’est surtout le thon Albacore qui est concerné. Issu de l’Atlantique, ce dernier risque un jour de disparaître totalement.

Par ailleurs, Greenpeace a passé au crible les conserves en fonction des espèces en danger qu’elles renferment. À ce titre, Système U et Intermarché s’en sortent avec les honneurs, puisqu’ils favorisent le thon Listao, dont le stock est plus que correct. Ainsi, cette espèce est présente dans 87 % des boîtes vendues par le premier, et plus de 50 % pour le second.

Sources : leparisien, greenpeace, midilibre