Anxiété, insomnie : la consommation d'anxiolytiques encore en hausse

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Une étude de l'Agence du médicament tire la sonnette d'alarme au sujet de la surconsommation de benzodiazépines en France et sur les risques pour la santé relatifs à une telle pratique. Pour alerter la population, l'ANSM s'apprête à mettre en place une nouvelle campagne de prévention.

La France est toujours la championne d'Europe en termes de consommation de médicaments. Or, l'Agence du médicament (ANSM) prévient une nouvelle fois des risques induits par ces excès, entre autres avec une surconsommation de benzodiazépines, quelle que soit leur forme (anxiolytiques ou somnifères). D'après un rapport annuel rendu public par l'ANSM il y a quelques jours, une très forte augmentation a débuté depuis 2010. Pas moins de 131 millions de boîtes d'anxiolytiques ou d'hypnotiques ont été achetées en 2012, ce qui représente pas moins de 4 % de la consommation totale de médicaments sur l'ensemble de l'année. D'autre part, 20 % des Français ont ingéré au moins une fois une benzodiazépine au cours de la même année.

Une pratique qui ne s'est pas estompée en 2013, et ce en dépit des nombreuses campagnes de prévention et des mesures spécifiques appliquées pour trois benzodiazépines, sur les vingt-deux disponibles. En effet, deux ont été supprimées du marché – c'est le cas du flunitrazépam, pour des raisons commerciales, et du tétrazépam, jugé dangereux ou inutile – et une autre, le clonazépam, a fait l'objet de conditions d'accès limitées. Mais l'ANSM a fait savoir que d'autres mesures suivraient afin de contrôler davantage l'accès aux benzodiazépines et ne pas tomber dans la banalisation.

Pour quelle raison prend-on des benzodiazépines ?

Ces anxiolytiques sont prescrits pour régler un état d'anxiété ou d'insomnies (hypnotiques), et parfois pour réduire les douleurs musculaires (myorelaxants) ou les crises convulsives (antiépileptiques). Les benzodiazépines peuvent aussi être prescrites pour un sevrage alcoolique. Elles ciblent les neurotransmetteurs GABA et ont pour objectif d'augmenter les effets inhibiteurs de ces derniers.

Résultat, elles ont pour conséquence de réduire l'hyperactivité cérébrale liée à l'anxiété. Dans 9 cas sur 10, les médecins généralistes optent pour la prescription des benzodiazépines. Or, pour l'ANSM, il s'agit d'une dérive qui doit nécessairement faire l'objet cette année d'une concertation avec l'ensemble des acteurs sanitaires. Rappelons qu'en 2012, 22,2 % des utilisateurs consommaient deux benzodiazépines simultanément, et 0,7 % trois, d'après les chiffres de l'Agence du médicament.

Quelle est la durée du traitement ?

Cela varie en fonction de la pathologie pour laquelle on fait l'objet d'un traitement. Mais d'une manière générale, les spécialistes invitent à ne pas en consommer sur une durée trop importante. En général, la prescription va de 4 à 12 semaines. Mais au-delà, les risques de dépendance sont importants. En outre, ces derniers doivent en théorie s'ajouter à un traitement thérapeutique non médicamenteux.

Mais l'ANSM observe que les périodes d'exposition aux benzodiazépines dépassent parfois les recommandations, atteignant 4 à 5 mois d'utilisation continue des hypnotiques et anxiolytiques. De même, certains utilisateurs dont la part n'est pas négligeable les utilisent en continu plusieurs années durant.

Quels sont les dangers pour l'organisme ?

Les effets secondaires les plus courants sont des troubles de la concentration et de la mémoire, une tendance à la somnolence doublée d'une dépendance psychique et physique. À cela s'ajoutent par ailleurs des symptômes comme l'irritabilité ou l'agressivité, quand la prise n'est pas adaptée.

À noter enfin que parmi les personnes âgées, cette consommation de benzodiazépines favorise la démence, les chutes et altère la mémoire. Selon Allodocteurs.fr, cette consommation provoquerait aussi la maladie d'Alzheimer.

Sources : Allodocteurs.fr, Metronews, LeParisien