Faut-il arrêter de manger de la viande pour vivre plus longtemps ?

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Le végétarisme serait vraiment sain pour notre santé. Si certains en doutaient jusqu’alors, une nouvelle étude vient confirmer que ce régime alimentaire possède bel et bien de réels avantages pour notre organisme. Manger des légumes au lieu de viandes permet entre autre de diminuer le risque de décès jusque 15 %.

Le végétarisme a souvent été source de débat, certains déplorant que le manque de viande génère des carences en omégas 3, en fer et en zinc ou encore en vitamine B12, tandis que d’autres reconnaissaient ses qualités et ses avantages. Effectivement, par le passé, des études ont prouvé que les végétariens avaient des risques cardiaques et de diabète moins élevés que les omnivores. Une dernière étude viendrait à nouveau prouver les bénéfices d’un tel régime alimentaire sur la mortalité.

Un risque de mortalité diminué jusque 15 % pour un végétarien

Publiée dans le magazine américain JAMA, l’étude menée par l’American Medical Association prouverait que substituer les légumes à la viande permet de vieillir plus longtemps et en bonne santé.

Pour déceler ce nouvel avantage, les chercheurs américains ont étudié pendant six ans les différents régimes alimentaires de 73 308 personnes originaires de l’Église adventiste, un lieu où le régime végétarien y est recommandé de façon très stricte.

À la fin de l’étude, les chercheurs ont comptabilisé 2570 décédés. Ainsi, en comparaison aux omnivores, le risque de mortalité chutait de 12 % pour les végétariens. D’autant plus que les morts liés au diabète et aux insuffisances rénales ont été minimes chez eux.

Mais le végétarisme possède ses spécificités, tant et si bien que certaines différences sont perceptibles d’un végétarien à un autre :

- pour les végétaliens (qui excluent totalement toutes les viandes y compris les œufs et les produits laitiers), le risque de mortalité diminuait de 15 % ;

- pour les ovo-lacto-végétariens (des végétariens qui consomment des œufs et des produits laitiers), il diminuait de 9 % ;

- celui des pesco-végétariens (un végétarien qui consomme du poisson et des fruits de mer), de 19 % ;

- et de 8 % pour les semis-végétariens (des végétariens qui consomment fruits de mers, poisson et volailles).

L’importance d’une alimentation saine et de qualité

Cette étude démontre donc que ce n’est pas la quantité de calories absorbées qui importe mais plutôt la qualité de l’alimentation. De plus, les personnes végétariennes ont tendance à être plus minces et sont plus enclines à ne pas boire, fumer et à pratiquer du sport. Tout un ensemble de facteurs qui jouent un rôle crucial sur la longévité.

Cette annonce s’avère rassurante pour un futur proche. En effet, des chercheurs du Stockholm International Water Institute avaient annoncé la probabilité que la population mondiale devienne quasi-végétarienne dans le but d’éviter des pénuries alimentaires d’ici 2050.

Reste que dans l’Hexagone, le végétarisme ne semble pas réellement inscrit dans les habitudes des Français. Et beaucoup de végétariens souffrent de ne pas pouvoir se nourrir facilement, le choix étant restreint dans l’offre des restaurants et magasins. Même si elle est de plus en plus importante, la proportion française de végétariens est une des plus faibles de l’Union Européenne. En 2007, ils étaient 2 % contre 9 % en Allemagne ou en Suisse.

Sources : Le Huffington Post et Slate