Se battre pendant l'adolescence entraînerait une baisse de QI

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D'après une étude rendue publique fin juillet par la revue Journal of adolescent health, les coups violents reçus durant des bagarres à l'adolescence supposeraient une diminution significative du Quotient intellectuel (QI). À tel point que ce phénomène reviendrait même dans certains cas pour la personne concernée à manquer l'école pendant un an.

Jusqu'à présent, on savait que le fait de prendre des coups sur la tête, en réalisant une "tête" au football, par exemple, générait la destruction de neurones et donc des dommages cérébraux. Cette fois, une nouvelle étude publiée récemment par Journal of adolescent health pointe du doigt les risques pour le cerveau induits par les bagarres à l'adolescence.

Ainsi, comme le met en évidence la revue, un jeune garçon victime à deux reprises de blessures lors de bagarres, subit en moyenne une baisse de QI revenant à manquer l'école tout une année durant. Un phénomène d'autant plus important pour les filles, chez lesquelles une simple bagarre peut avoir le même effet.

Comme l'explique le professeur Joseph A. Schwartz, qui a mené la recherche avec le professeur Kevin Beaver pour le site University Herald,  le fait qu'une blessure significative ait des répercussions négatives n'est pas une surprise. Néanmoins, il est d'après lui particulièrement étonnant de voir que cela peut également affecter l'intelligence.

1 bagarre = 1,62 point de QI en moins pour les garçons

Mais comment les chercheurs ont-ils pu aboutir à une telle conclusion ? Tout simplement en s'appuyant sur les données regroupant quelque 20 000 étudiants, récoltées entre 1994 et 2002. Chacun de ces étudiants a été amené à indiquer s'il avait subi d'importantes blessures au cours des 12 derniers mois lors d'une bagarre. À noter que les chercheurs entendaient alors par "blessure sévère" un ou plusieurs coups ayant nécessité l'intervention d'un médecin ou d'une infirmière.

Par la suite, ces étudiants ont passé des tests de QI, de 1994 au début des années 2000. Dans l'optique d'éviter les biais sociologiques, des variables d'ajustements ont été mis en place selon la catégorie socioéconomique du foyer, l'âge, le genre ou encore l'origine ethnique des participants.

Résultat : les garçons victimes de blessures au cours d'une bagarre perdraient en moyenne 1,62 point de QI, contre 3,02 environ pour les filles. Pour rappel, le fait de manquer une année d'école entraîne en moyenne la perte de 2 à 4 points de QI.

Enfin, pour ce qui est de la différence entre les effets subis par les hommes et les femmes, les chercheurs considèrent le phénomène logique. D'autres études, dont une publiée en 2012, prouvent en effet que les hommes bénéficient de caractéristiques physiologiques améliorant d'une part leur capacité à infliger des dégâts physiques, d'autre part leur résistance à ces derniers.

Sources : DirectMatin, UniversityHerald, HuffPost, ncbi