Bilan des nico-trucs pour arrêter de fumer

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Ces dernier temps, les fumeurs ont été bien bousculés. Depuis que l'interdiction de fumer dans les lieux publics (quais, restaurants, cafés, bars, certains parcs, etc.) a été votée, de plus en plus de moyens sont déployés pour que la fumée ne gêne pas les non-fumeurs, jusqu'à interdire aux parents d'avoir une cigarette dans leur propre voiture si ceux-ci sont en présence d'enfants. L'ère du cow-boy Marlboro et de la cigarette comme accessoire masculin par défaut est définitivement derrière nous : fumer est has-been.

De nombreux moyens sont déployés pour aider les futurs ex-fumeurs à arrêter : depuis le patch jusqu'à la cigarette électronique, trouvez le substitut qui vous convient. Les substituts peuvent se coupler (chewing-gum et pastilles…) avec l'avis d'un médecin. Les effets secondaires, nombreux, sont très désagréables en cas de surdose comme en cas de sevrage trop violent (sous-dose). Aussi faites le test de dépendance avant de choisir un dosage.

Testez votre dépendance : test de FAGERSTRÖM

Apport de la nicotine par la peau : pour agir rapidement

Le principe du patch est d'obtenir de la nicotine à travers la peau. Ainsi, la nicotine circule dans le sang et réduit les effets secondaires du sevrage. Plusieurs dosages existent selon votre dépendance. Un patch durant généralement 24h, les boites en contiennent soit 7 pour une semaine de sevrage, soit 28 afin de les utiliser sur un mois. Cependant, d'autres marques proposent des patchs ne durant que 16h, à retirer au coucher.

Le patch est pensé pour une désaccoutumance progressive : le gardant sur vous 24 h, il est déconseillé de fumer en même temps. Cependant, s'il vous est trop difficile d'arrêter de fumer du jour au lendemain, vous pourrez fumer durant les 2 premières semaines, après autorisation de votre médecin et après avoir effectué certains tests de dépendance et d'effets secondaires. Le sevrage s'effectue sur 10 semaines environ.

Le patch a très longtemps été controversé, et en 2009 l'Inserm évaluait à 80 % le nombre des déçus qui s'étaient remis à fumer après leur traitement. Pourtant, les études étant de plus en plus nombreuses, la médecine comprend de mieux en mieux l'impact de la nicotine sur l'organisme. Ainsi, de nombreuses marques proposent des patchs (Nicorette, NicoPatch, Niquitin ou encore Nicotinell).

Certains inconvénients existent cependant : la dépendance psychologique n'est pas prise en compte (le rituel, la gestuelle, les cigarettes-réflexe..), le rythme du sommeil peut être perturbé et des allergies peuvent se déclarer. Le pire étant, pour un fumeur, que l'effet de la nicotine n'est pas immédiat : il se ressent 30 minutes après la pose. Idéal pour des fumeurs moyens ou faibles.

Les timbres coutent en moyenne environ 15 € par semaine de traitement.

Patch de Nicotine

Apport de la nicotine par la langue : pour arrêter à votre rythme

Le chewing-gum

La gomme à la nicotine avait rencontré un fort succès lors de sa sortie : discrete, un arôme agréable et une sensation anodine d'un chewing-gum classique, c'est le premier substitut nicotinique. Il existe lui aussi selon deux dosages différents, relatifs à votre dépendance : 2 mg ou 4 mg. Les durées de traitement conseillées se situent entre 6 semaines et 6 mois, selon la dépendance.  En effet, sans être très répandu, le risque de transférer la dépendance à la cigarette sur la gomme existe bel et bien.

Les gros avantages des chewing-gums sont dans la liberté qu'ils offrent et la décision de se prendre ou non un shoot de nicotine : contrairement au patch que vous posez et ne touchez plus, le chewing-gum ne libère la dose de nicotine que lorsque vous le mâchez, donc de manière ponctuelle dans la journée, comme si vous fumiez.

Les inconvénients sont eux aussi nombreux. Le chewing-gum n'est pas toujours pratique, bien vu ou tout simplement permis ; la gomme doit se prendre minimum 15 minutes après avoir mangé ou bu pour que l'effet soit optimal. De plus, il est déconseillé de déglutir lorsque vous avez en bouche le chewing-gum, vous rencontreriez des effets secondaires désagréables : irritation de la langue et la gorge, maux d'estomac, etc... Enfin, l'apport de nicotine se fait en pics, qui peuvent favoriser une nouvelle dépendance. Néanmoins, l'argument qui devrait vous convaincre est le suivant : les chewing-gums sont généralement sans sucre ! Que du bon pour la santé.

Les gommes coûtent de 3,50 € (boîte de 12) à 20 € pour (boîte de 96).

La pastille

Elle se dispose délicatement sous la langue et se laisse fondre. Pas besoin de la mastiquer, vous laissez la pastille mentholée et light, elle aussi, répandre la nicotine qu'elle contient sur la muqueuse buccale. Elle libère environ 2 mg de nicotine, et le nombre conseillé est de 16 à 24 par jour. Il est fortement déconseillé de fumer pendant le traitement. En effet, ces substituts agissent sur les muqueuses buccales, tout comme la cigarette, et vous risqueriez de vous découvrir des effets très désagréables de surdose. De plus, lors de la prise de pastille, tâchez de ne pas manger ou boire. La durée du traitement dépend de chacun, de la dépendance,  de la motivation et du nombre de pastilles ou comprimés à sucer utilisés chaque jour.

Les pastilles coûtent entre 8 € (boîte de 30) et 22 € (boîte de 100).

Le comprimé à sucer

Ce substitut vous propose plusieurs doses de nicotine (1 mg, 2 mg ou 4 mg). Existant sous divers aromes (fruits, menthe…) il se suce comme un bonbon acidulé, libérant la nicotine dans votre bouche. Les dosages ne doivent pas excéder 30 mg par jour avec ce substitut. Les inconvénients sont strictement les mêmes que pour la pastille ou le chewing-gum.

Les comprimés coutent de 3 € (boîte de 12) à 30 € (boîte de 100).

Apport de la nicotine par inhalation : pour garder le geste

L'inhaleur de nicotine

L'Inhaleur se rapproche un peu plus de la cigarette. Une cigarette, une pipe ou un cigare ne se mâchent pas, ne se laissent pas fondre sous la langue et ne se collent pas sur l'épaule. Aussi, l'inhaleur tente de reproduire l'effet psychologique de la gestuelle lors d'une "pause-clope". Il se présente sous la forme d'un petit tube, généralement blanc, en 2 parties vissées l'une à l'autre : la première contient la capsule de nicotine que vous allez aspirer, et la seconde est le bec sur lequel vous poserez vos lèvres. Un adepte de l'inhaleur utilise entre 6 et 12 cartouches par jour. L'inconvénient premier que le fumeur repèrera immédiatement est le temps que met la nicotine à agir, plus long que pour une cigarette. Aussi, son utilisation peut être difficile au début, et irriter un peu la gorge.

Le traitement se fait généralement sur 3 mois, et ne doit en aucun cas dépasser 12 mois. La méthode conseillée est l'arrêt immédiat de la cigarette lors du passage à l'inhaleur. Cependant, ce substitut vous permet de fumer pendant le traitement, gros avantage pour ceux qui veulent arrêter progressivement. Les avantages sont par ailleurs nombreux : l'inhaleur reprend la gestuelle de la cigarette, amenuisant la transition fumeur/non-fumeur. Les shoots reproduisent le même effet que la consommation d'une cigarette. Cependant, l'impression dans la bouche est évidemment très différente puisqu'il n'y a aucune fumée. De plus, l'inhaleur ne se fume pas par petite bouffées, mais s'utilise par cartouches, par grosses inhalation ponctuelles. La bonne méthode pour réussir serait de remplacer la cigarette par l'inhaleur puis de réduire progressivement la dose de nicotine.

Les cartouches de nicotine coutent environ 12 € (boîte de 6) à 22 € (boîte de 18).

La cigarette électronique

Enfin, le tout dernier substitut est bien évidemment la cigarette électronique. C'est le substitut qui colle le plus aux habitudes de fumeurs, aux effets sur le corps, à la gestuelle, à la sensation buccale. Après 3 jours à ne fumer que la cigarette électronique, l'habitude sera prise et très vite, les cigarettes sortiront de votre esprit. Le gros inconvénient est qu'aucune étude n'a encore été faite sur le sujet, et l'on ne connait pas les risques éventuels sur la santé.

Exemple de cigarettes electroniques

En plus de ces substituts, existent d'autres méthodes comme l'hypnose, l'acupuncture ou les médicaments.

Sources : le Pharmacien