Bluecar, Zoe : les voitures électriques sont au banc d'essai

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Vincent Bolloré, puissant homme d'affaire présent dans de nombreux secteurs, des ports à la presse en passant par les batteries haut de gamme, est venu en personne la semaine dernière, présenter à la presse "sa" nouvelle voiture électrique.

Propriétaire du réseau Autolib' à Paris, l'industriel qui était déjà présent dans les transports se diversifie et entre dans le secteur sinistré de l'automobile avec la Bluecar. Il a investi près de 2 milliards d'euros ces dernières années pour développer sa batterie Lithium-Métal-Polymère (LMP) qui pourrait lui permettre de prendre une position dominante dans ce marché naissant et contribuer à réduire notre empreinte-carbone.

La voiture électrique n'est pas une idée complètement nouvelle. En 1899, la "Jamais Contente" de Camille Jenatzy - un ingénieur en électricité - battait le record de vitesse à 105,88 km/h, c'était la 1ère fois qu'on arrivait à franchir la barre des 100 km/h, et, comme le moteur à explosion à l'essence allait être inventé, la dernière fois qu'une voiture électrique faisait parler d'elle, avant longtemps. Avec la raréfaction du pétrole, les constructeurs commencent à prendre conscience de la nécessité de retourner vers des sources d'énergie renouvelable, donc vers l'électricité. On a recréé la "Jamais Contente" en 2009 et 2010, avec de nouvelles technologies pour les batteries, à l'initiative du constructeur américain Venturi, pour battre le record de vitesse une nouvelle fois, avec un véhicule électrique. La deuxième version atteint en vitesse de pointe 515 km/h.

Des débuts difficiles aux grands espoirs d'aujourd'hui

Dans le contexte, Bolloré peut sembler bien inspiré de vouloir se lancer dans l'automobile électrique. Inévitablement une partie des utilisateurs de véhicules à essence vont arriver sur le marché. Mais la concurrence s'annonce rude, de nombreuses marques très importantes sont aussi dans les starting blocks : Renault-Nissan, Peugot-Citroën, Smart, Toyota, Mitsubishi, Opel, Volvo et les américains Chevrolet et Fisker. Bolloré vise pour l'instant l'entrée de gamme, avec un véhicule vendu à partir de 12 000 € - une fois déduite la prime de l'Etat au titre du bonus écologique. Mais avec sa technologie de batterie unique, il pourrait bien se diversifier un jour et lier un partenariat avec une marque au nom prestigieux, pour investir aussi le marché du haut de gamme.

La difficulté va être de se démarquer, en mettant en avant des avantages comparatifs inattaquables, comme la sécurité ou l'autonomie, sans quoi son offre sera envisagée sous le seul angle du prix. Or, sa concurrente directe Zoe (Renault) fait fabriquer ses batteries ion-lithium par sa filiale Nissan, qui a des coûts plus faibles. Même si elle commence à un prix légèrement supérieur, il est possible qu'elle s'ajuste par la suite pour jouer au coude à coude avec la Bluecar. Le tarif de location de la batterie (non vendue avec la voiture, son coût de fabrication étant encore beaucoup trop élevé) est le même pour les deux : 80 €. Bolloré propose une solution de location à 500 € par mois, contre 300 € par mois pour ses concurrentes, et promet de changer la batterie au bout de 400 000 km. En revanche, la garantie du véhicule électrique ne durera que pendant 12 mois.

Le petit plus de la Bluecar à Paris

L'avantage nature de Bolloré, c'est qu'il dispose déjà, grâce à Autolib', d'un réseau de bornes de chargement, moyennant 15 euros par mois, et des places de stationnement du réseau. Dans une ville comme Paris où trouver une place peut parfois prendre 1h et des proportions énormes comme retrouver sa voiture à la fourrière, un tel avantage a de quoi augmenter le potentiel de séduction de ce modèle.

Sources : Le Point, Challenge, Groupe Bolloré