Les cantines scolaires en pointe de la lutte contre l’obésité

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Une enquête menée auprès de 4 000 enfants de 5 à 7 ans scolarisés en Aquitaine, entre 2007 et 2008, montre que ceux qui fréquentent la cantine régulièrement ont 2,5 fois moins de chance d’être obèse que leurs camarades qui n’y vont jamais. Ce rôle protecteur de la cantine d’école est très éloigné de l’image qu’en ont beaucoup de parents, qui perdure, malgré les tentatives des municipalités de changer cette perception erronée du service public de la restauration scolaire. Pourtant, c’est à l’école que se fait désormais l’éducation des enfants à une alimentation saine et équilibrée.

Par exemple, les restaurants scolaires de la ville de Paris, qui sont fréquentés par 111 000 enfants chaque jour, ont mis en place depuis 2001 une orientation des menus des cantines vers le bio et les produits de saison. 16,6 % des produits servis en 2011 dans les cantines de la capitale correspondaient à cette orientation, qu’ils soient labellisés « bio », « label rouge » ou « pêche responsable », et la mairie affirme qu’ils seront 30 % en 2014. Mais une initiative de la mairie du 2e arrondissement vole la vedette à la mairie de Paris, en mettant dès janvier 2013 plus de 70 % de produits biologiques dans les assiettes de ses élèves.

Fruits et légumes exclusivement de saison, mise en place de menus végétariens certains jours, l’opération séduit les parents, et plus de 90 % des élèves que compte l’arrondissement sont désormais inscrits à la cantine. Le maire du 2e arrondissement, Jacques Boutault (EELV), n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a décidé, dès 2008, de retirer tous les produits contenant de l’huile de palme des menus scolaires. Cette mesure a d’ailleurs été reprise par le groupe Vert au conseil de Paris, qui a déposé un vœu le 10 décembre dernier visant à étendre cette mesure à toutes les cantines de la capitale.

C’est ainsi que les restaurants scolaires, après avoir été longtemps considérés comme une solution pratique mais, d’un point de vue d’équilibre alimentaire et de qualité culinaire, passable voire médiocre, sont en passe de devenir un lieu d’apprentissage, prolongeant la mission éducative de l’école dans le domaine de l’alimentation. Et après un repas équilibré, rien de tel que de courir avec ses copains pendant le reste de la récréation, histoire de se dépenser un peu avant de retourner en classe.