La cigarette électronique pourrait être classée comme médicament

Article mis à jour le 

Le Parlement européen a récemment fait savoir que les cigarettes électroniques pourraient prochainement être classées comme médicament. Or, les associations d'usagers considèrent qu'une telle solution serait néfaste pour les personnes désireuses de limiter leur consommation.

Alors qu'il était encore récemment question de sa nocivité, la cigarette électronique va-t-elle bientôt être classée comme médicament ? C'est en tout cas ce qu'envisage le Parlement européen, où certains membres désirent une réglementation plus stricte du célèbre appareil électronique sans tabac. Alors que le vote de la révision de la directive européenne est prévu pour le 8 octobre, la perspective semble attirante. Or, dans le cas où une telle disposition viendrait à être acceptée, l'e-cigarette serait dès lors considérée comme un "produit pharmaceutique" pour les 20 ans à venir.

Une situation qui modifierait considérablement la donne pour les usagers français, aujourd'hui près d'un million. Actuellement aussi bien vendues au sein de magasins spécialisés que sur internet, les vapoteurs redoutent que les cigarettes électroniques ne soient disponibles qu'en pharmacie. À noter qu'un tel phénomène pourrait entraîner la modification des dosages en nicotine, la disparition de certains arômes ou encore la restriction du choix.

Une e-cigarette plus difficile à obtenir

Résultat : quelques associations comme l'Association Indépendante des Utilisateurs de Cigarette Electronique (Aiduce) et Collectif des acteurs de la cigarette électronique (CACE) estiment qu'une telle solution inciterait les usagers à se procurer de nouveau des cigarettes en tabac plutôt qu'une cigarette électronique. Selon eux, il sera nettement plus facile pour les fumeurs d'arrêter le tabac si la cigarette électronique est facilement accessible.

Rappelons qu'en mai 2013, un rapport de l'Office Français de prévention du Tabagisme (OFT) à propos de la cigarette électronique commandé par le ministère de la Santé soulignait que l'e-cigarette, à condition qu'elle soit bien fabriquée et bien utilisée, est un produit "infiniment" moins risqué que la cigarette. De son côté, la Commission européenne soutient que la cigarette électronique, de part son statut d'aide à l'arrêt du tabac pour les fumeurs, peut potentiellement être considérée comme un produit pharmaceutique.

Vers une interdiction dans les espaces publics

Qu'en est-il dans le reste de l'Europe ? D'un état à l'autre, la réglementation n'est pas la même. Ainsi, si l'Angleterre a déjà fait savoir que la cigarette électronique deviendrait un produit pharmaceutique dès 2016, les députés français ont quant à eux voté courant juin un amendement interdisant leur vente aux mineurs. D'autre part, le gouvernement souhaite aussi l'interdire des espaces publics au même titre que le tabac.

Quoi qu'il en soit, d'ici à ce que l'e-cigarette soit considérée comme un substitut nicotinique pour l'arrêt du tabac, l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché est indispensable. Ce qui devrait prendre plusieurs mois. En outre, la nouvelle directive européenne devrait appliquer d'autres sanctions contre l'industrie du tabac, en renforçant notamment les avertissements sur les dangers pour la santé présents sur les paquets et en appliquant la suppression de l'ensemble des parfums ajoutés.

Sources : oft-asso, Metronews, Pratique.fr