Cigarette : et si à chaque mégot jeté par terre une plante poussait ?

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Qui a dit que les fumeurs polluaient la planète avec leurs mégots ? Être fumeur et se préoccuper de l'environnement ne sont pas deux choses incompatibles. Et l'ingénieux Ben Foreman le prouve à nouveau : un mégot jeté par terre, c'est un arbre qui pousse. C'est, du moins, ce qu'il a prévu avec la "Cigg Seeds" : la cigarette du fumeur écolo.

Chaque année dans le monde, plus de 4 000 milliards de mégots sont jetés par terre. Si à l'échelle individuelle cela signifie une petite pichenette nonchalante une fois que la blonde est fumée, à l'échelle mondiale cela représente de sérieuses dégradations environnementales. Pour exemple, un seul mégot pollue 500 litres d'eau par exemple, qui deviennent alors impropres à la consommation.

D'une pichenette anodine devenez écolo

Ben Foreman, jeune Londonien, s'est donc demandé ce qu'il fallait faire pour limiter la pollution des espaces verts par la cigarette. Quoi de mieux, alors, que de fabriquer un mégot biodégradable qui, pour cela, contiendrait une graine ? Nous pourrions presque reboiser les villes. Tous les problèmes environnementaux disparaîtraient puisque, en plus de ne plus dégrader, les fumeurs participeraient activement à l'amélioration de l'environnement.

L'idée serait de mettre une graine au sein du filtre. Le fumeur consommerait sa cigarette comme d'habitude, rien ne changerait. Cependant, après avoir jeté sa cigarette parterre, celle-ci ne contaminerait plus la terre dans laquelle elle s'enfoncerait mais favoriserait la pousse d'un végétal.

La question est de savoir si les fumeurs pourront choisir le type d'arbres qu'ils souhaitent voir s'épanouir. De cette façon, le jardinage deviendrait plus que ludique : une soirée avec quelques amis pourrait engendrer un magnifique potager.

L'autre interrogation concerne les conséquences possibles que provoquerait la graine lorsqu'elle serait fumée. Si ce projet épineux fleurit peu à peu dans l'esprit de ce jeune Anglais, il n'est pas encore au stade de la commercialisation et se voit déjà limité par de nombreux aspects.

3 limites qui lui coupent l'herbe sous le pied

Tout d'abord, le fait que cette graine soit prisonnière du filtre est précisément la limite de ce projet pourtant prometteur. En effet, elle ne pourra se déployer qu'en dehors du mégot. Or, un mégot n'est pas un bout de coton, c'est un filtre complexe, composé de plusieurs revêtements chimiques. Tant et si bien qu'il faut en moyenne attendre 12 ans pour qu'il se décompose, en fonction des marques de cigarettes, de la température et de l'environnement. La graine pourra-t-elle vraiment survivre à 12 ans dans un mégot ?

De plus, le filtre sert à limiter le surplus de toxines que le fumeur ingère. Elles sont donc stockées dans le filtre en question. Or, une fois la cigarette terminée, il est chargé d'une quantité de mauvais agents – c'est pourquoi le bout du filtre jaunit et que l'on peut apercevoir des points noirs dessus. D'une part, la terre sera tout autant touchée par cette pollution lorsque le mégot s'enfoncera dedans, mais d'autre part, la graine baignant dans ces toxines risque de mourir. Ou de mettre au monde une nouvelle génération d'arbres difformes.

Enfin, les mégots sont rarement jetés dans les forêts. La plupart sont laissés sur le bord des trottoirs, dans la rue, malgré les dizaines de milliers de cendriers publics. Tant et si bien que, dans la capitale, vous pouvez prendre une amende de 35 euros pour avoir jeter votre mégot sur le sol. Ils finissent ensuite dans les égouts, dans lesquels ils pourrissent peu à peu avant de se décomposer finalement. La graine ne pourra, bien entendu, aucunement pousser sur les trottoirs des villes. Et lorsqu'elle sera dans les égouts, soit elle se noiera, soit une forêt sous-terraine pourrait finir par gêner les rames de métro d'ici quelques années.

Ainsi, la cigarette écolo est un pas indéniable vers une écologie quotidienne. Si certaines marques de tabac peuvent être tentées par ce projet, sa commercialisation n'est pas encore annoncée. Et en cas d'échec, si le mégot vert ne fonctionne pas, Foreman a d'autres projets, comme la boite de médicaments qui change de couleur en fonction de la date de péremption.

Sources : designs-on.com ; planetoscope