Comment les banques continuent à facturer des frais bancaires exorbitants

Article mis à jour le 

Tandis que le gouvernement n’a eu de cesse ces derniers mois de mettre en place des restrictions pour éviter que les banques n’abusent des frais auprès de leurs clients, ces dernières font preuve d’une imagination hors pair pour amortir cette baisse de recettes. Quitte à inventer des nouveaux dispositifs pour facturer les clients dans le rouge. Explications.

Nous vous en parlions il y a quelque temps : le gouvernement avait dernièrement plafonné les frais de commission d’intervention, soit les frais perçus par un établissement bancaire quand ce dernier permet à un compte d’effectuer un paiement hors plafond de découvert autorisé. D’autre part, l’État continue à essayer de limiter d’autres commissions imposées aux clients par les banques. Problème : les banques ne manquent pas d’ingéniosité pour contourner légalement ces nouvelles règles.

Rappelons que depuis le 1er janvier 2014, une loi limite les commissions d’intervention, qui ne peuvent actuellement pas dépasser 8 euros par intervention et 80 euros par mois. Cependant, ces restrictions ne conviennent pas aux établissements bancaires, qui appliquent depuis le début de l’année de nouveaux systèmes. Comme le souligne Lionel Maugain, journaliste à 60 millions de consommateurs interrogé par metronews, la créativité des banques en matière de frais imposés aux clients est sans limite.

Plus de 30 % des Français tout le temps à découvert

Ainsi, toutes les astuces sont de mise pour tirer profit des clients dans le rouge. À noter d’ailleurs qu’un tiers des Français seraient à découvert en permanence. Et encore, ces derniers ne sont pas les seuls à se voir facturer fortement en fin d’année, puisque 2/3 des Français admettent se retrouver dans ce cas de figure au moins une fois chaque année. D’après une étude menée par Panorabanques l’an passé, la majorité des personnes dans cette situation dépensent plus de 240 euros par an en dépassements. Une addition qui représente des milliards d’euros.

Afin de bénéficier au maximum de ces recettes, et ce malgré les restrictions, les établissements bancaires ont notamment mis en place un courrier d’information facturé systématiquement en cas de découvert non autorisé. Un dispositif également décliné par certaines banques dans le cadre de l’appel. Or, ces nouveaux frais s’ajoutent aux commissions d’intervention, elles-mêmes imposées à chaque opération, aux agios trimestriels – dont le montant dépend du pourcentage dû par le client à son établissement bancaire –, ou encore aux frais de rejet liés à un chèque sans provision. De fait, les clients touchés, qui sont au départ déjà ceux ayant le plus de difficultés à finir le mois dans le vert, se voient dans l’obligation de reverser chaque mois une partie de leur budget à leur banque.

L’ennui, c’est qu’un tel système n’est pas toujours évident à contourner, même pour les clients les plus précautionneux. D’ailleurs, plutôt que d’inviter leurs clients à éviter les dépassements, les banques seraient plutôt nombreuses à leur conseiller d’y recourir. Ainsi, dès l’ouverture d’un compte, le découvert est dans la plupart des cas proposé. Mais ce montant est en général réduit, ce qui amène un certain nombre de clients à se retrouver dans des situations de dépassements et à s’acquitter de frais d’intervention et d’agios…

Sources : europe1, 60millions-mag, metronews