Non, le commerce équitable n’aide pas les travailleurs pauvres…

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Contrairement aux idées reçues, le commerce équitable ne profite pas aux travailleurs pauvres... - Wikimedia commons / Almonroth
Contrairement aux idées reçues, le commerce équitable ne profite pas aux travailleurs pauvres... - Wikimedia commons / Almonroth

Et si les supposés bienfaits du commerce équitable n’étaient en réalité qu’un vœu pieux ? Pour deux enseignants américains en économie, les conditions d’attribution d’un label de commerce équitable n’aident pas les producteurs les plus modestes. Et ceux labellisés n’auraient pas vu leurs conditions de travail s’améliorer réellement. Explications.

Si l’achat de produits équitables vous procurait jusqu’à présent un surcroît de bonne conscience, alors il se pourrait fort que vous tombiez des nues. Pourquoi ? Parce les retombées économiques du commerce équitable sur les travailleurs les plus modestes du monde seraient particulièrement discutables. C’est du moins ce qu’affirment deux professeurs d’économie de l’Université de George Mason, en Virginie, sur le blog Marginal Revolution.

Mais au fait, qu’est-ce que le commerce équitable ? Schématiquement, le dispositif repose sur le souhait de certains acheteurs "responsables" d’acquérir des produits provenant de pays pauvres en payant plus cher de manière à soutenir leur développement. Le problème est que d’après les experts, les producteurs les plus pauvres de la planète ne sont pas en mesure de respecter les normes de certification mises en place par l’Organisation mondiale du commerce équitable.

C’est ainsi que la plupart des cafés labellisés "commerce équitable" émanent de pays plutôt riches tels que le Mexique et le Costa Rica. Rappelons que ces derniers sont par exemple dix fois plus fortunés que les états les plus pauvres de la planète, à l’instar de l’Éthiopie.

 

Des retombées financières inexistantes, pour les plus pauvres

En outre, il faut savoir que les retombées financières, pour les travailleurs produisant les matières vendues par les producteurs labellisées, sont minces. Et pour cause : comme le soulignait un documentaire (Le Business du commerce équitable) diffusé en 2013 sur Arte, les bénéfices arrivent surtout dans les poches des détaillants. En République dominicaine, il est par exemple arrivé que l’association Max Havelaar fasse appel à des clandestins haïtiens dans des conditions déplorables.

Tant et si bien que certains observateurs estiment qu’il vaudrait mieux au fond donner l’argent que les consommateurs sont prêts à dépenser en plus pour des produits du commerce équitable à des associations responsables.

 

Sources : wfto, marginalrevolution