Les compléments alimentaires sont-il vraiment efficaces ? Pas si sûr…

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D'après une étude menée par les autorités sanitaires, de nombreux compléments alimentaires seraient inefficaces et ne tiendraient pas leurs promesses.

Rangés dans la catégorie dispositif médical, les compléments alimentaires sont en théorie censés avoir une incidence sur la santé. Problème : selon l'ANSM, il n'en serait rien. Disposés en évidence dans les pharmacies, parapharmacies et grandes surfaces, les compléments alimentaires promettent entre autres de vous faire mincir, de calmer vos douleurs ou encore de vous tranquilliser. Pour attirer les clients, ces bloqueurs de glucide, capteurs de graisse et autres coupe-faim vantent des vertus médicales s'appuyant sur des études cliniques.

L'ennui, d'après l'EFSA, l'autorité européenne de sécurité des aliments, c'est que ces affirmations seraient en fait complètement mensongères. Ainsi, d'après des "avis" passés au crible par le journal Le Parisien, les expertises de l'EFSA montrent que la plupart des compléments alimentaires ne présentent aucune garantie en termes de résultat. De fait, ces derniers devraient donc être bannis de la catégorie "complément alimentaire".

Une situation rendue possible grâce à une faille réglementaire

Parmi les produits incriminés, la phaséolamine, dont l'extrait de haricot censé arrêter les glucides, ne donne aucun résultat. Pourtant, cela n'empêche pas Omega Pharma de continuer à vendre ce "complément alimentaire" à travers sa gamme XLS Medical. Par ailleurs, les amincissants, qui représentent un marché colossal pour les industriels, ont tendance à être mis en avant comme des traitements ou des médicaments, ce qui est une supercherie. Et pour cause : à forte dose, certains de ces produits peuvent être mauvais pour la santé. À noter qu'un jus de cranberry classique est présenté comme un moyen d'éviter les infections urinaires, alors qu'aucune étude ne permet de le prouver.

 Quoi qu'il en soit, les fabricants sont parvenus à se glisser dans une faille réglementaire. Plutôt que de se faire commercialiser en tant que "complément alimentaire", les labos ont choisi le statut "dispositif médical". Pourquoi ? Tout simplement parce que ce statut offre plus de souplesse que l'autre : le fabricant peut par ce biais vendre son produit en toute liberté parce que le certificateur – la plupart du temps une entreprise privée – n'analyse que la sécurité, autrement dit ses conditions de développement et la dangerosité de son impact. Il n'est donc en aucun cas question d'efficacité.

Pour mettre au jour cette tromperie, l'association de consommateurs CLCV projette de mettre en place une procédure judiciaire. Dans le même temps, l'Europe pourrait bien quant à elle renforcer sa réglementation.

Sources : Le Parisien, EFSA, ANSM