Connaissez-vous l'ourson d'eau, animal qui survit 30 ans par -20°C ?

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Aperçu d'un ourson d'eau - copyright Dr Nozman / YouTube
Aperçu d'un ourson d'eau - copyright Dr Nozman / YouTube

Une expérience menée par le chercheur japonais Megumu Tsujimoto a permis de mieux comprendre les mécanismes de conservation des animaux cryogénisés.

Publié dans la revue Cryobiology, le résultat de cette étude sur les tardigrades ne manque pas de susciter la curiosité. La résistance de ce type d’ourson d’eau est sans égal. Le froid n’a pu avoir totalement raison de son ADN, lequel s’est régénéré dès son réveil.

Une bestiole atypique

Le physique du tardigrade est certainement pour quelque chose dans ses particularités. Son corps un peu boudiné lui donne une apparence plutôt enveloppée, ce qui explique sans nul doute sa grande résistance. Conservé à une température de -20 °C durant 30 ans, trempé dans l’eau bouillante, exposé aux radiations…, cet ourson d’eau s’en sort sans (trop de) mal.

Le tardigrade dispose aussi d’un nez en forme de trompe qui fait des va-et-vient pour montrer son activité respiratoire. Ses huit pattes griffues gigotent dans tous les sens. Enfin, cet ensemble très résistant se trouve rehaussé d’une couleur plutôt douce : le rose.

L’expérience et ses résultats

Cet ourson d’eau a suscité la fascination d’Hiroshi Kanda. Avec son équipe du NIPR (Institut national japonais de recherches polaires), il a mené une expérience consistant à mettre deux bestioles et un œuf au congélateur pour une durée… indéfinie.

L’étude est poursuivie par Megumu Tsujimoto 30 ans plus tard. Ce chercheur a libéré les deux bestioles et l’œuf en commençant par les réchauffer progressivement dans de l'eau à 3°C. Le résultat est à couper le souffle. Les tardigrades se sont bel et bien réveillés et l’œuf a éclos. Au sixième jour, l’un des deux tardigrades, baptisé Sleeping Beauty 1, s’est même mis à marcher. Sept jours plus tard, il a commencé à manger des algues et au 23e jour, il a pondu des œufs, dont la plupart ont éclos. Seule ombre au tableau : le deuxième animal est mort au bout de 20 jours.

 

Sources : ouest-France, pourlascience