Contraception : quand prendre la pilule devient (trop) mortel

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À peine quelques semaines après avoir tiré le signal d'alarme quant aux dangers de la pilule de 3e et 4e génération, une étude des risques de santé liés aux moyens de contraception oraux est publiée par l'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé). Cette étude relie la pilule, toutes générations confondues, à plus de 2 500 accidents thromboemboliques veineux (phlébite et embolie pulmonaire).

L'étude, menée sur la période 2000 – 2011 et portant sur les femmes âgées de 15 à 49 ans, estime à 2 529 le nombre d'accidents annuels dus à la pilule. Parmi eux, plus de 2 sur 3 (69 %) sont causés par les pilules de 3e et 4e génération (1 751 en moyenne).

Sur la même période, l'ANSM évalue le nombre de décès annuels liés à la pilule (toutes générations confondues) à 20, soit plus de 1 par mois. Parmi eux, 14 seraient causés par la pilule de 3e et 4e génération soit 70 % des morts.

Le risque d'avoir ce genre d'accident préexiste la pilule et touche la population générale, mais il est faible. Touchant davantage les femmes, les probabilités augmentent avec l'âge. Cependant, les femmes prenant la pilule de 1e ou 2e génération multiplient les risques par 2, et celles qui utilisent les 3e et 4e générations les multiplient par 4, précise le Figaro.

Chute des ventes de pilules

Entre 2000 et 2010, l'utilisation des pilules de 3e et 4e génération a massivement augmenté. Cependant, à la suite des différentes alertes des médecins, elles ont chuté de 34 % entre février 2012 et février 2013, alors que les ventes des 1e et 2e générations ont augmenté de 26,5 %. La pilule Diane 35, au cœur de la polémique, a vu ses ventes s'effondrer de 62 %.

Le doute s'est emparé des femmes. Ce doute s'est d'ailleurs impacté sur la vente des autres moyens de contraception non oraux (patchs et anneaux) qui ont perdu 8 % de vente. En revanche, stérilets et implants sans œstrogène ont, eux, vu leur courbe de vente augmenter de 44 % en un an.

Patch contraceptif

Conséquences au quotidien

En France en 2011, pas moins de 4,2 millions de femmes prennaient la pilule, selon les critères d'âge de l'étude. L'existence de 20 décès est certes dramatique, mais parmi les 4 millions d'utilisatrices, elle n'est pas représentative d'un danger commun (moins de 0,0005 % des utilisatrices). Touchant une population spécifique, ces décès mènent à une règlementation plus poussée, un suivi plus important de la part des médecins, afin que les femmes concernées par ces risques soient épargnées.

Ainsi, ces morts justifient le message de prudence des autorités sanitaires quant aux 3e et 4e générations : elles peuvent être dangereuses et ne doivent donc être utilisée qu'en "seconde intention", en cas d'intolérance aux autres.

De plus, les médecins devront désormais préciser sur l'ordonnance que tous les risques d'accidents ont été étudiés et écartés, que vous ne présentez aucune défaillance afin que la bonne pilule vous soit attribuée (examen cardiaques, si la patiente est fumeuse etc.).  

Différentes pilules

Sachez prévenir les risques et accidents

Enfin, l'ANSM dresse sur son site une liste des symptômes courants (PDF à télécharger),  significatifs d'accidents liés à la pilule, afin de les reconnaitre et les prévenir :

- Phlébite : œdème (gonflement) de la cuisse, de la jambe ou du mollet,  et / ou douleur unilatérale, notamment au niveau d’un des deux mollets ;

- Embolie pulmonaire : essoufflement soudain, accompagné de douleur thoracique et crachats sanglants ;

Appelez le 15 si vous présentez l'un des symptômes suivants (accidents mortels) :

- Accident vasculaire cérébral (AVC) : déformation de la bouche, faiblesse d’un côté du corps, bras ou jambe, et troubles de la parole.

- Infarctus du myocarde : douleur inhabituelle ou brutale dans la poitrine à type de pesanteur ou de serrement, au niveau du sternum. Cette douleur peut irradier dans le bras gauche, ou dans la mâchoire.

Source : ANSM