Emploi : quels sont les stages les mieux rémunérés ?

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Le film Les Stagiaires, comédie où le duo d'acteurs Vince Vaughn - Owen Wilson incarne des quarantenaires contraints de repartir à zéro en décrochant un stage chez Google, vient de sortir en salles. L'occasion de rappeler que, dans l'Hexagone aussi, le stage est une étape bien souvent indispensable pour obtenir un emploi. Peu ou pas rémunéré, ce dernier est en théorie, mais pas seulement, utilisé pour sa dimension pédagogique. Une bonne façon quoiqu'il en soit de faire ses premiers pas dans le monde du travail. Mais au fait, quelles sont les entreprises françaises qui payent le mieux les étudiants ?

Encadré par des règles strictes, le stage doit nécessairement être rémunéré au moins 30 % du SMIC, soit la somme de 436,05 euros, cette année. Reste toutefois qu'il n'y a aucune obligation spécifique si la durée de ce dernier est inférieure à deux mois. En outre, comme le stipule la loi, il n'est pas ici question de salaire mais de "gratification". Quoiqu'il en soit, ce remerciement parait souvent bien maigre, et ce d'autant plus que les tâches effectuées auraient tout aussi bien pu être confiées à un véritable salarié.

Mais au-delà des règles, chaque entreprise est toutefois libre de fixer un montant plus important. À la différence que la rémunération est dans ce cas soumise aux cotisations et contributions sociales, le montant minimal – quant à lui exonéré de charges sociales – ayant été dépassé. À noter que ces cotisations et contributions portent alors uniquement sur la portion excédentaire, autrement dit, l'entreprise devra cotiser 163,95 euros si elle verse une gratification de 600 euros.

Compter jusqu'à 2 300 euros dans les cabinets d'audit et de conseils

Contrairement aux idées reçues, les entreprises proposant des stages particulièrement bien payés sont relativement nombreuses. Mais encore faut-il pouvoir y accéder. D'après l'école de commerce HEC, les secteurs les plus lucratifs sont les cabinets d'audit et de conseils, et ce même pour les juniors. Par exemple, Ernst & Young ou encore KPMG offrent des rémunérations entre 1 600 et 2 300 euros brut. C'est aussi le cas des groupes PwC, Mazars ou encore Deloitte.

Toujours selon HEC, les banques d'affaires ne sont pas en reste côté gratification de stage. Sur les premières marches du podium : Goldman Sachs, JP Morgan ou encore Morgan Stanley, qui proposent en moyenne 2 000 euros brut. Ces postes pouvant être basés à Londres, ils comprennent un dédommagement, ce qui permet d'expliquer le montant perçu.  Pour autant, les banques françaises ne sont pas en reste et proposent des stages à plus de 1 300 euros, comme chez BNP Paribas. Quelques étudiants de Science-Po parviennent de leur côté à décrocher des stages chez Natixis pour 2 000 euros.

Comment expliquer de telles rémunérations ?

Dans le cas d'HEC, il faut comprendre que l'école de commerce laisse ses étudiants à disposition des entreprises pour six mois à un an. Il s'agit alors d'une année de césure, juste avant la dernière ligne droite de spécialisation. Formé sur une longue période, l'étudiant est dans ce cas un bon candidat à l'embauche. La gratification importante est ainsi une façon pour les entreprises d'allécher les jeunes talents tout juste diplômés.

Le bon plan : être pré-diplômé en aéronautique

Autres bons payeurs pour les jeunes gestionnaires : les entreprises Auchan et Procter&Gamble. À noter, du côté de l'aéronautique, que le secteur ne compte pas moins de 15 000 postes d'ingénieurs et techniciens hautement qualifiés à pourvoir en 2013. Problème : les jeunes diplômés sortant des écoles sont beaucoup moins nombreux et donc copieusement jalousés. Résultat : on se les arrache, et ce souvent à prix d'or.

Enfin, les secteurs de l'extraction, des matières premières et de l'immobilier ne seraient pas en reste, à en croire l'école de commerce Essec.

Ces entreprises qui attisent la convoitise, mais qui payent moins

 Bien que les géants de la high-tech soient en général les groupes les plus prisés par les étudiants en matière de stage, ces derniers n'atteignent néanmoins pas les gratifications des cabinets d'audit et de conseils. Ce qui ne les empêche pas de proposer une fourchette nettement plus haute que la moyenne.

Google France indique à ce titre que la rémunération type n'existe pas chez elle et qu'elle est fonction du profil de l'étudiant. Dans le cas d'Apple, qui aime à entretenir une culture d'entreprise mystérieuse, pas l'ombre d'un chiffre précis, même si les anciens stagiaires confient que le montant est plutôt très élevé.

Pour l'heure, l'antenne hexagonale de Facebook n'a pas encore ouvert ses portes aux stagiaires, ce qui ne saurait a priori tarder. Mais alors que le géant des réseaux sociaux a été élu "meilleur endroit où travailler" en 2013 par le classement Glassdoor, pas sûr toutefois que la gratification proposée atteigne le montant moyen fixé à la maison-mère aux États-Unis : 5 622 dollars, soit 4 274 euros par mois.

Sources : Le Figaro, HEC, Essec, HuffPost