L’espoir d’une fécondation in vitro à moins de 200 euros

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Cette nouvelle découverte pourrait s'avérer salvatrice pour un grand nombre de couples. Alors que l’infertilité tend à croître de plus en plus, tout particulièrement dans les pays développés, des chercheurs belges ont mis au point une nouvelle méthode de FIV (Fécondation In Vitro) qui a pour grand avantage de ne pas être coûteuse. Si cette annonce s’avère vraie, elle permettrait à bon nombre de couples de devenir parents, mais qu’en est-il vraiment ?

Dans les pays développés, le taux d’infertilité grimpe de plus en plus, la faute à un rythme de vie peu sain. La méthode de fécondation in vitro permet, depuis près de 35 ans, à de nombreux parents de donner naissance à un enfant. Tant et si bien qu’on estime au total à 5 millions le nombre de naissances réalisées grâce à la FIV.

Pourtant, si cette méthode s’avère utile, elle n’en devient pas moins un poids financier pour les parents. En effet, son coût est en moyenne estimé entre 3 100 et 4 100 euros. Résultat : cela devient un obstacle pour les parents, en particulier ceux des pays en voie de développement.

Deux tubes de verre en guise d’incubateur

La méthode FIV low-cost a vu le jour chez nos voisins belges de la ville de Genk. Le changement radical du prix tient tout simplement du remplacement des équipements complexes et coûteux par des composants moins onéreux.

D’une part, les chercheurs Klerkx et Ombelet ont remplacé l’incubateur - soit là où l'on dispose l’embryon afin qu’il se développe avant l’implantation - par deux tubes de verre communicant entre eux.   

De plus, la méthode FIV nécessite une atmosphère qui doit posséder la même acidité que l’utérus de la femme. Cette pratique low-cost y parvient grâce à une réaction chimique entre le bicarbonate de soude et l’acide citrique – des substances chimiques peu chères – dans le premier tube. La combinaison chimique permet ainsi d’obtenir du dioxyde de carbone (Co2), qui se répand dans le second tube et assure l’acidité pour développer l’ovocyte déjà fécondé et injecté par seringue.

Un taux de succès de 30 %

L’utilisation de matériaux et équipements moins coûteux ne semble pas pour autant diminuer les chances de conception d’un enfant. De février à décembre 2012, les docteurs belges ont implanté 23 embryons. Pendant cette période, 7 ont réussi à arriver à terme. Tout comme une FIV classique, les chances d’arriver à une naissance sont donc de 30 %.

Le verrons-nous se développer prochainement en France ?

Le coût d’une telle FIV est estimé à moins de 200 euros, elle est donc porteuse d’espoir pour combattre les troubles de fertilité des couples. Pour les chercheurs, la cible principale n’est pas les pays occidentaux comme la Belgique ou la France - bien que cela puisse être possible -, mais plutôt les pays émergents, où 2 millions de couples auraient des troubles de fertilité.

Enfin, la mise en place de cette pratique demande aussi la construction de nouveaux laboratoires. Mais selon les chercheurs belges, ils ne coûteraient que 300 000 euros, soit un prix 5 à 10 fois moins cher que les équipements traditionnels.

Cette solution peut-elle être appliquée à toutes les situations ?

Cette méthode possède malheureusement quelques limites. En effet, l’injection du spermatozoïde et de l’ovocyte par seringue empêche à la technique de l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) d’être appliquée. Cette méthode de fécondation in vitro injecte le spermatozoïde manuellement dans l’ovocyte. Enfin, comme le rappelle Le Figaro, les expériences menées ont été uniquement réalisées sur des femmes de moins de 36 ans et dont les cycles étaient naturels. En conséquence : on ne peut donc pas savoir si les chances de succès sont similaires pour les femmes de plus de 40 ans.

Sources : Santelog ; RTBF et  Le Figaro