L'être humain, bientôt commandé par une puce électronique

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La technologie et la médecine risquent de devenir une seule et même discipline. Si le pacemaker était déjà une invention révolutionnaire, cette nano puce franchit de nouvelles limites. Conçue par un ingénieur et intégré dans un cerveau par un médecin, la puce cérébrale ouvre de nombreuses portes à la médecine et va peut-être éliminer de la langue le mot "handicap". La réalité augmentée poursuit son évolution.

L'esprit commande le corps, et le corps influe sur l'esprit. Lors d'un dérèglement de l'un, les effets se répercutent  sur l'autre. Cela se traduit en médecine par une mauvaise connexion cérébrale causant paralysie, épilepsie et autres troubles. Inversement, malgré un handicap physique, l'activité cérébrale perdure. Il existe des techniques visant à mesurer, étudier voire réguler cette activité cérébrale, mais la sensibilité des instruments actuels est insuffisante pour être vraiment efficace. Il faudrait des outils sensibles donc puissants, mais qui soient petits et "biomédicaux" c'est-à-dire gérables et assimilables par le corps. En un mot, la perfection de cette technologie était un rêve de médecin et d'informaticien, qui vient enfin d'être réalisé.  

Le tout premier pacemaker

Soigner le cerveau par l'informatique

Christophe Bernard, responsable de l'Institut de neurosciences des systèmes de l'INSERM à Marseille, a eu l'ingéniosité de mettre en commun ses recherches sur l'épilepsie et les fréquences électriques cérébrales, avec les trouvailles de l'ingénieur Georges Malliaras, créateur  d'une mini puce en carbone 100 % biomédicale, jouant le double rôle de micro et d'amplificateur. L'immense innovation de cette puce, outre le caractère irréel de son double emploi, de sa composition ou de sa taille, est sa consistance : à la fois flexible, elle est ultra-résistante, s'intégrant donc parfaitement au cerveau et captant les signaux 10 fois plus précisément que les techniques actuelles. Grand pas pour la médecine, les résultats et les explications ont été publiés dans le journal Nature Communications.

Cette petite puce, véritable prouesse dans l'avancée technologique, va permettre à la médecine de poursuivre ses recherches. Parmi les applications cliniques possibles dans l'immédiat, la puce participera considérablement au dépistage de l'épilepsie, comme à la cartographie du cerveau, explique l'INSERM sur son site, de manière à mieux localiser certaines irrégularités et les traiter efficacement : des puces chargées de médicament pourront effectuer des "frappes localisées", contrairement aux traitements actuels qui agissent sur toutes les zones du cerveau, informe le journal La Provence sur son site.

Opération neuro-chirurgicale dans le traitement d'un Parkinson

"Lève-toi et marche" version 2.0

Enfin, dans un avenir un peu plus lointain, elle pourra contribuer à la traduction des signaux cérébraux afin que le corps réagisse à ces derniers. Ce processus est synonyme de disparition de certaines pathologies, acceptation et bon pilotage des membres artificiels donc retrouver bras et jambes pour ceux qui en sont privés, ou encore conception d’organes sensoriels artificiels. Jamais l'Homme n'aura été si proche de la machine.

Source : INSERM ; Nature Communications ; La Provence.