Les étudiants français souffrent de mal-être psychique

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La vie d’étudiant ne serait pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Au milieu du stress et des difficultés financières auxquelles certains jeunes doivent faire face pour se loger et se nourrir à leurs dépens, ils seraient nombreux à souffrir d’un mal-être psychique. Une récente étude de la Smerep éclaire sur ces maux dont souffre une partie de la jeunesse française.

La vie d’étudiant n’est pas seulement parsemée de fêtes et de bonne humeur, d’après l’étude réalisée par Harris Interactive pour la Smerep. Sur les douze derniers mois, les étudiants français de 18 à 25 ans souffriraient d’un manque de confiance ainsi que d’un sentiment de déprime comblé à un stress permanent durant au moins quinze jours consécutifs.

Une souffrance psychique en nette augmentation

Ce mal-être n’est pas nouveau, le principal souci est sa nette augmentation d’années en années. En 2009, ils étaient 39% à sentir ces troubles, puis 66 % en 2011. Deux ans plus tard, ils sont désormais près de 76 % à déclarer être en souffrance psychique, selon les chiffres de l’étude relatée par 20 Minutes.

À cette souffrance psychique, s'ajoute également une augmentation de la violence. En effet, près d’un étudiant sur cinq déclare avoir déjà été confronté à la violence au cours de ses études. Celle qui touche le plus de monde étant la violence verbale (87 %) puis psychique (40 %), les violences physiques (40 %) et enfin, sexuelles (7 %).

Le risque suicidaire face à ce mal-être est très important jusque l’âge de 25 ans. Près de 15 % des jeunes interrogés ont annoncé avoir eu des envies suicidaires ces 12 derniers mois. Pour la Smerep, ces chiffres ont pour but d’alerter les étudiants et de les prévenir de l’existence de solutions à leurs problèmes.

Les étudiants peuvent s’adresser à différentes structures pour faire part de leur mal-être. Entre autre, Fil Santé Jeune propose du soutien en ligne ou par téléphone. Les Bureaux d’aide psychologique universitaire (Bapu) offrent des consultations avec des psychologues entièrement prises en charge par la Sécurité Sociale.

Un contexte économique menaçant    

Cette souffrance grandissante s’explique par le fait que tout comme les employés, les étudiants subissent un stress et sont de moins en moins confiants quant à leur avenir. Ce stress résulte en partie du contexte économique actuel qui angoisse plus d’un étudiant. Alors qu’ils sont presque de futurs salariés, la montée du chômage et la récession augmentent la pression du stress sur les études et les résultats.

Une autre cause que soulève 20minutes est le faible soutien perçu par les étudiants aujourd’hui. En termes de logements, les étudiants sont beaucoup plus facilement livrés à eux même aujourd’hui. Comparativement, il y a une trentaine d’années, les réseaux associatifs permettaient d’accéder à un logement plus facilement.

La situation économique ne fait pas qu’inquiéter l’étudiant, puisqu’elle le touche également. Presque la moitié des étudiants interrogés (46 %) déclarent avoir des difficultés financières. Un grand nombre déplore également avoir de plus en plus de mal à se soigner, poussant ainsi près de 15% des étudiants à renoncer à des soins.

Qu’apporter comme solutions aux étudiants ?

Peut-être que le projet de loi présenté par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, le mardi 15 mai à l’Assemblée, pourra apaiser la vie de l’étudiant.

Elle souhaite avant tout faciliter l’accès à l’enseignement supérieur à un plus grand nombre de jeunes. Le projet propose également de simplifier les intitulés des licences et masters, trop nombreux, qui ont tendance à perdre les lycéens dans leur future orientation.

Les deux premières années d’Université étant les plus difficiles, on estime qu’aujourd’hui le taux de réussite en licence est de 32,5 % alors qu’il était de 35% il y a quelques années. La ministre souhaite donc améliorer les conditions de travail dans les amphithéâtres et passer au numérique.

En termes de liens avec l’entreprise, le nombre de jeunes en alternance en France à l’Université est de 5%. La ministre souhaite doubler ce chiffre en plus de développer les stages dès le premier cycle. Ces expériences professionnelles sont importantes et bénéfiques puisqu’elles facilitent l’accès au premier emploi pour le jeune diplômé.

Sources : 20minutes et Le Parisien