Football : "faire une tête" serait mauvais pour les enfants

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Les enfants jouant au football s'exposent à des traumatismes graves en "faisant une tête"
Les enfants jouant au football s'exposent à des traumatismes graves en "faisant une tête"

"Faire une tête" serait dangereux pour les jeunes footballeurs. La Fédération américaine de football a ainsi décidé d’interdire cette technique aux moins de 10 ans et d’en restreindre le nombre pour les 11-13 ans. Cette décision fait suite à une plainte déposée par un groupe de parents devant la justice californienne.

Les petits footballeurs américains de moins de 10 ans ne sont plus autorisés à faire une tête en cours de match ou en s’entraînant. Pour les 11-13 ans, le nombre est limité. Cette décision a été prise en début de semaine par l’US soccer, la Fédération américaine de Football, pour préserver le cerveau des enfants.

“Nous sommes heureux d'avoir pu jouer un rôle en améliorant la sécurité de tous les enfants qui jouent au football dans ce pays”, a déclaré Steve Berman, l’avocat du groupe des parents à l’origine de cette mesure. Ces parents ont en effet déposé une plainte devant la justice californienne pour dénoncer l’inexistence d’une politique de prévention au niveau des clubs et de la Fédération. Cette dernière a également promis de mettre sur pied un programme pour sensibiliser les dirigeants de club et les entraîneurs sur le risque encouru par les enfants.

Un risque élevé de commotion cérébrale

Le risque de commotion cérébrale touche surtout les joueurs de football américain. Une étude menée par l’Université de Denver dans des lycées a estimé que l’interdiction de faire des têtes diminue considérablement le risque de commotion cérébrale chez les joueurs de soccer. Cette enquête a également souligné que les chocs entre les joueurs sont la principale cause des dommages pouvant toucher leur cerveau.

En 2013, le magazine Radiology publiait une étude démontrant les effets néfastes des têtes sur le cerveau des joueurs adultes. “Les frappes répétées de la tête pourraient entraîner une cascade de conséquences, allant jusqu'à la dégénérescence progressive des cellules du cerveau”, avait alors déclaré Michael Lipton, auteur de cette enquête. Le professeur de psychiatrie et son équipe avaient constaté que les joueurs réalisant régulièrement des têtes avaient une mémoire défaillante et un cerveau moins fluide.

Des risques plus graves pour les enfants

Le danger serait encore plus important pour les enfants, car leur nuque et leur cerveau ne sont pas entièrement développés. Un article publié par Slate en 2014 a relevé que “si les enfants parviennent à garder les yeux ouverts et la bouche fermée en frappant le ballon de leur front, les muscles de leur nuque, même tendus, ne sont pas assez forts pour empêcher leur crâne d'absorber ce qui constitue souvent des forces G élevées.”

Les preuves du danger des têtes pour les enfants se multiplient, selon Michael Grey, professeur en neuroscience à l'Université de Birmingham. “Le cerveau est plus secoué à l'intérieur du crâne. Peut-être que nous devrions apprendre à muscler la nuque et interdire les têtes aux enfants qui ont des nuques assez faibles”, a-t-il expliqué au Guardian.

 

Sources : huffingtonpost, slate