En France, les pauvres toujours plus pauvres…

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D’après les statistiques rendues publiques par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ce mardi 9 septembre, la pauvreté concerne légèrement moins de Français. Toutefois, les plus modestes le sont de plus en plus. Explications.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) vient de publier des données selon lesquelles les Français modestes seraient de plus en plus pauvres. Ainsi, la France rassemblait en 2012 pas moins de 8,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté – fixé à 60 % du niveau de vie médian –, soit 200 000 de plus qu’en 2011 disposant de moins de 987 euros par mois. Pour autant, le taux de pauvreté touche pour sa part 13,9 % de la population, alors qu’il était de 14,3 % en 2011.

Moins de Français concernés qu’en 2011…

Si le nombre de personnes vivant en France sous le seuil de pauvreté a légèrement décliné, il ne faut pas y voir l’amélioration du niveau de vie des plus pauvres, comme le met en évidence Jérôme Accardo, un responsable des ressources et conditions de vie des ménages à l’Insee. De fait, la pauvreté est désormais plus intense que par le passé, puisque l’argent dont disposent les personnes vivant sous le seuil de pauvreté a reculé.

… mais des pauvres toujours plus pauvres

Ainsi, près de 50 % des personnes vivant sous ce seuil en 2012 disposaient de moins de 784 euros par mois. À noter que pour retrouver un niveau de vie aussi bas, il est nécessaire de remonter à 2006. Ce phénomène s’expliquerait entre autres par l’augmentation importante du chômage.

Les retraités moins touchés

En outre, les populations concernées par la pauvreté ne sont plus exactement les mêmes qu’auparavant. Par exemple, la part de familles monoparentales est passée de 20,6 % à 22,3 % de 2011 à 2012. En cause, la baisse d’activité qui fléchit de 5 %, au point que la pauvreté décolle considérablement chez les mères des familles monoparentales, d’après l’Insee.

À rebours, la proportion des retraités a quant à elle baissé, puisque leur niveau de vie médian s’est relevé de 0,3 % en 2012, tandis que les actifs enregistrent un recul de 1,3 %. Une accalmie qui s’explique notamment par la revalorisation des pensions ayant eu lieu courant 2012, mais aussi par l’augmentation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), initiée depuis 2007.

Des revenus moindres pour tout le monde

Le niveau de vie a pour sa part reculé de 1 %, proportionnellement à l’ensemble de la population. Ainsi, 50 % de la population vivait en 2012 avec plus de 1 645 euros par mois, et l’autre moitié avec des revenus moindres.

Néanmoins, les inégalités, qui avaient bondi en 2011, ont ralenti en 2012 pour revenir au même stade qu’en 2010. Résultat, les 10 % des ménages les plus riches touchent au moins 37 430 euros par an – c’est 3,5 fois plus que les 10 % les plus pauvres. Mais les revenus de ces deux portions de la population ont baissé, d’une part sous l’influence des baisses des revenus du patrimoine et des augmentations d’impôts pour les premiers, de l’autre sous l’effet de l’augmentation du taux de chômage et celle de l’inflation, plus rapide que la hausse du montant des prestations sociales.

Sources : insee, rtl, francetvinfo