Fuite d’eau : pourquoi souscrire à une assurance dédiée est souvent inutile

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La semaine dernière, lors d’une conférence de presse, l’UFC-Que Choisir a souligné l’existence de contrats d’assurance garantissant les fuites d’eau. Objectif de ces contrats : garantir le coût de la perte d’eau résultant de la rupture de canalisation entre le compteur et le logement de l’assuré. Mais est-ce vraiment utile ?

À travers une conférence de presse consacrée aux grands défauts des petites assurances, l’UFC-Que Choisir a montré comment l’assurance fuites d’eau pouvait se révéler superflue dans bien des cas pour les particuliers. Pour un prix de vente débutant à 36 euros par mois, ces contrats sont aussi bien proposés aux propriétaires, aux locataires, aux habitants d’appartements sans oublier à ceux résidant dans des maisons individuelles

Problème : ces contrats sont complètement inutiles aux locataires, autrement dit à 40 % des Français qui, d’un point de vue juridique, ne sont pas responsables des fuites.

De même, ces derniers n’ont pas non plus d’utilité pour les propriétaires d’appartements, soit 13,4 % des Français, puisqu’ils peuvent se servir de leur assurance multirisque habitation  - chargée de couvrir l’intérieur des murs sans oublier les dommages aux biens relatifs aux dégâts des eaux. À noter, en outre, que les dégâts sont couverts par la copropriété dans les parties communes.

S’agissant des propriétaires de maisons disposant d’un compteur d’eau à l’intérieur, l’assurance fuites d’eau n’a pas non plus d’utilité. Et ce, pour la simple et bonne raison que les fuites des canalisations extérieures dépendent de la responsabilité du service d’eau potable.

À qui peut servir l’assurance fuites d’eau ?

Les assurance fuites d’eau ne sont ainsi utiles que pour les propriétaires de maisons dont le compteur est situé à l’extérieur, soit en bordure de trottoir ou en limite de jardin. Or, dans cette situation – à savoir lorsqu’une canalisation enterrée fuit –, la facture peut facilement être multipliée par dix. En d’autres termes, un consommateur moyen utilisant 55 mètres cubes d’eau et dépensant 183 euros chaque année peut tout à fait devoir s’acquitter d’une facture de deux mille euros.

Mais heureusement, l’article 2 de la loi du 17 mai 2011 (loi de simplification et d’amélioration de la qualité du droit) contraint les distributeurs d’eau à payer une majorité du coût des fuites. Et d’autre part, le consommateur abonné ne sera plus obligé de s’acquitter du double de sa consommation (366 euros) moyenne dès le 1er juillet 2013.

Tant et si bien que l’UFC juge que ces garanties perte d’eau ne servent dorénavant à rien, sans compter, d’après les plombiers, que ce genre de fuite ne se produit environ qu’une seule fois tous les dix ans.

L’UFC dénonce un démarchage offensif

Par ailleurs, l’UFC n’a pas hésité à déplorer le démarchage agressif des compagnies d’assurance, qui envoient chaque année quelque 40 millions de mailings, et ce à de nombreuses reprises aux mêmes destinataires. Quelques-unes des formules proposées par ces compagnies ont également été jugées trompeuses par l’association, qui a entre autres remis en question l’assurance vendue par Doméo sous le nom de Veolia Habitat Service.

Enfin, l’UFC a remarqué que ces assurances profitaient d’une rentabilité hors norme. C’est le cas de Doméo, dont les clients déboursent 75,7 millions d’euros alors qu’ils ne se font rembourser que 12 millions, soit 16 %. Pour rappel, le taux de reversement des assurances est habituellement de 70 %.

Sources : QueChoisir, LegiFrance, SOS Conso