Google, le meilleur ami… des médecins

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À l'instar de leurs patients, les médecins ont eux aussi régulièrement recours à Google pour trouver des informations médicales, parfois même au cours de leurs consultations, comme le révèle un baromètre "web et santé" publié mardi 23 avril.

Jusqu'ici, il était de notoriété publique que les médecins utilisent habituellement le Vidal, sorte de bible du praticien présente dans la plupart des cabinets médicaux et recensant tous les médicaments autorisés en France. Mais à l'heure du tout numérique, l'antisèche des médecins tend peu à peu à se dématérialiser. Tant et si bien qu'à l'image de leurs patients, ces derniers se servent dorénavant de plus en plus de Google.

C'est en tout cas ce qui ressort du premier baromètre "web et santé" mené par l'institut d'études spécialisé dans la santé Listening Pharma et l'agence de communication Hopscotch Digital. D'après ce dernier, près de la totalité des médecins-généralistes (96 %) aurait ainsi souvent recours à Google pour dénicher des informations médicales. S'ils continuent toutefois de se renseigner via les annonces officielles et les nouveautés scientifiques, le moteur de recherche est donc largement utilisé par les praticiens en tant qu'aide durant leurs consultations. À ce titre, les médecins visitent même Google plusieurs fois par jour.

Parmi les médecins issus du panel du baromètre, 14 % indiquent dans le questionnaire (rempli au cours de la première quinzaine d'avril) se servir régulièrement du site de la Haute Autorité de la Santé (HAS). Les sites d'informations grand public et les réseaux sociaux arrivent pour leur part en dernière position. À noter que les sites de laboratoires restent de leur côté bien placés au sein des recherches professionnelles des médecins.

Facebook, à l'origine de la majorité des contenus médicaux

À l'inverse des médecins qui s'appuient sur des sources fiables, les patients internautes se tournent en grande majorité vers les sites d'informations les plus visibles et donc les mieux référencés. Problème, soulignent les auteurs du baromètre, la fiabilité des contenus est bien souvent très douteuse. Quelle que soit la pathologie recherchée sur Google, un lien Wikipédia est systématiquement visible dès la première page, et dans 84 % pour Doctissimo. Le ministère de la santé n'apparaît quant à lui que dans 9 % des cas, contre 30 % pour l'OMS.

Parmi les pathologies les plus recherchées sur Google.fr, c'est le cancer qui arrive en tête durant les douze derniers mois, avec 1,5 millions de recherches mensuelles réalisées. Derrière lui : le sida (550 000 requêtes), le diabète (368 000) et la dépression (368 000). Chose étonnante, les internautes ne se limitent pas aux simples recherches puisqu'ils produisent aussi près de 80 % des contenus santé d'Internet, essentiellement via les échanges sur les réseaux sociaux. Ainsi, Facebook réalise à lui seul 51 % des contenus médicaux, Twitter 29 %, toujours d'après Hopscotch Digital et Listening Pharma.

D'une manière générale, les troubles mentaux sont en revanche la thématique la plus discutée sur le web, devançant le cancer. Le diabète arrive néanmoins en tête sur les réseaux sociaux, devant les maladies cardiovasculaires.

Sources : Le Nouvel Observateur, Le Monde, Hopscotch Digital