High-Tech : le culte de l'obsolescence programmée

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Ça y est, le dernier né de la famille Apple vient tout juste d'être présenté. Il ne s'agit pas de l'iPhone 5, cette vieillerie de presque deux mois, mais de l'iPad Mini. Et ce n'est pas tout : la firme de Cupertino sort également un nouvel iPad, de nouveaux Macbook Pro, iMac et Mac Mini, qui signent ainsi la mort prématurée de leurs aînés. 4 iPad en deux ans, 6 iPhone en cinq… que faire face à un tel gâchis ?

Il y a quelques semaines, le ministre délégué à la Consommation et à l'Économie sociale et solidaire, Benoit Hamon, a indiqué à 60 Millions de consommateurs vouloir combattre l'obsolescence programmée dans le domaine du numérique. Mais d'abord, qu'entend-t-on exactement par obsolescence programmée ? Pour de nombreux consommateurs, il s'agirait d'une vaste manipulation de notre consommation visant à enrichir les grands groupes industriels. D'après l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), on parle d'"obsolescence programmée" lorsqu'un industriel limite volontairement la durée de vie de ses produits, alors qu'il lui était possible de les faire durer.

Problème : il n'existe presque aucun cas concrets de ce type de pratique. On compte parmi les rares exemples le cas des ampoules électriques Phoebus en 1924, dont l'existence était limitée à 1 000 heures (contre 2 500 heures en moyenne), ou encore le cas d'Epson il y a quelques années, qui bloquait la puce de ses imprimantes au-delà de 18 000 copies. Il faut dire que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes n'aurait, selon certains, pas trop cherché à faire avancer ses enquêtes. Et d'après de nombreuses entreprises, les gros appareils électroménagers dureraient toujours une dizaine d'années en moyenne comme en 1977. Toutefois, aucune étude ne vient confirmer ces affirmations.

Reste que dans le domaine de la high-tech, le constat est sans appel : en l'espace d'une petite génération, la durée de vie des produits a été divisée par trois. Alors que l'on conservait un ordinateur environ 11 ans en 1985, ce dernier n'est désormais gardé que durant 3 ans. Rédiger un texte sous Word demande 71 fois plus de ressources qu'il y a 12 ans. D'après les spécialistes, les fabricants n'ont même plus besoin de programmer l'obsolescence du produit. Comme le note une consultante de l'UFC-Que Choisir, considérer que l'esthétique d'un iPhone 3 est dépassée relève  également de l'obsolescence programmée. Tout serait une question d'astuce pour créer chez le consommateur un nouveau besoin d'acheter. Selon l'Ademe, 44 % seulement des appareils en panne partiraient en réparation.

Pour transformer ce mode de consommation, Benoit Hamon et ses troupes comptent faire à ce titre une proposition de loi en 2013.