Immobilier : emprunter n'a jamais coûté aussi peu cher en France

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D'après le baromètre Crédit Logement/CSA, les taux de prêts se sont en moyenne tenus à 2,85 % en mai. De quoi faire oublier le record de 2013.

À peine un an après le record de juin 2013, qui s'élevait alors à 2,90 % hors assurance et coût des sûretés, les taux des crédits immobiliers ont de nouveau atteint un plancher historique, avec des taux moyens de 2,85 %. C'est en tout cas ce qu'affirme le baromètre Crédit Logement/CSA. À noter toutefois qu'en l'espace d'une année, les taux ont eu des hauts et des bas : si le deuxième trimestre 2013 a enregistré une augmentation, les taux ont par la suite chuté rapidement, s'effondrant de 23 points de base en moyenne, soit 0,23 %.

Résultat, le baromètre met en évidence que les taux des crédits immobiliers n'ont jamais autant reculé depuis la fin des années 1940. C'est sur le marché des travaux (2,79 % en mai) et sur l'ancien (2,84 % ce même mois) que la baisse est la plus importante. Mais celle-ci est plus limitée sur le marché du neuf (2,94 %). De fait, la plupart des crédits sont dorénavant accordés à moins de 3,5 %.

Un phénomène redevable aux efforts commerciaux des banques

Ce changement dépend pour beaucoup de la diminution des taux d'emprunts d'État à 10 ans (OAT), qui ont reculé de près de 70 points de base (0,7 %) – ils tournent aujourd'hui autour de 1,75 %. Rappelons en effet que le taux du crédit se compose en grande partie de ressources dont la valeur est liée à ces OAT. En outre, il faut savoir que les banques ont coutume de consentir à des efforts commerciaux importants au premier trimestre, notamment pour couvrir la saison des Salons immobiliers. Reste que cette tendance devrait se poursuivre à court terme, s'il on en croit les analyses des baromètres bancaires réalisés par les courtiers.

Cependant, ces conditions avantageuses concernent surtout les emprunteurs les plus solvables dans la mesure où la durée moyenne des emprunts est de 202 mois, soit 16,8 ans. Ce qui n'est pas le cas des emprunteurs jeunes dont l'apport est moindre, qui nécessitent davantage de temps pour finaliser leur financement. Néanmoins, si la part des prêts supérieurs à 25 ans représentait 33 % en 2007, juste avant la crise financière, cette dernière n'atteint désormais même pas les 15 %.

Quoi qu'il en soit, un certain nombre d'observateurs jugent que la moyenne obtenue par le baromètre de Crédit Logement/CSA correspond surtout aux bons dossiers d'emprunt, qui profitent de meilleures conditions de financement.

Sources : challenges, infosimmo, lesechos