L’inscription du Fest noz au patrimoine de l’humanité encense la culture bretonne

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L’UNESCO a inscrit mercredi le Fest noz sur la "liste représentative du patrimoine culturelle de l’humanité". C’est une reconnaissance sans précédent pour certains irréductibles Bretons. Au-delà d’une danse traditionnelle, c’est sur toute la culture locale que rejaillit cette inscription.

Issu de la tradition populaire bretonne, le Fest noz ("fête de nuit" en breton) était à l'origine une célébration organisée à la fin de rudes travaux effectués en communauté, comme une récolte par exemple. Durant cette manifestation, les villageois dansaient au son de musiques traditionnelles. Il tombe dans l’oubli après la seconde Guerre Mondiale mais retrouve une nouvelle popularité dans les années 1950, à l’instar des bals populaires en vogue à l’époque. Le succès du groupe Alan Stivell et de la musique folklorique bretonne dans les années 1970 va généraliser cette pratique, auparavant limitée au centre de la Bretagne, à toute la région. Avec le temps, les Fest noz se sont étendus aux régions qui, comme l’Ile-de-France, comptent une solide implantation bretonne.

Aujourd’hui encore, cette manifestation populaire conserve son succès et réunit régulièrement des centaines de personnes. Celles-ci dansent au son de divers groupes de musique, en général folklorique, en se tenant par le petit doigt et en tapant vigoureusement le sol de leurs pieds. Cette fête populaire est également synonyme de rassemblement, de mélange intergénérationnel et sans distinction de statut social. Il y en aurait environ un millier par an sur tout le territoire, dont le plus important se passe à Rennes au mois de novembre. La musique folklorique bretonne est maintenant indissociable de ce type d’événement dans les mentalités.

Une revendication de longue date

"C'est une reconnaissance internationale qui, au-delà du Fest-Noz, va changer le regard sur l'ensemble de la culture bretonne", s'est félicité Charles Quimbert, l’un des auteurs de la demande d’inscription au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO. Celle-ci a été faite il y a plus d’un an, et le Fest noz était candidat au sein de 35 autres pratiques culturelles dans le monde. Après le Flamenco en 2010, le Mariachi (musique à corde, trompette et chant originaire du Mexique) en 2011 et le chant boudhique du Ladakh (originaire de la région transhimalayenne du Ladakh en Inde), cette année, le Fest noz rejoint cette liste de pratiques représentatives de la diversité des cultures et des identités traditionnelles dans une société de plus en plus globalisée.