Pas de journaux dans les kiosques en raison d'un mouvement social

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Vous vous êtes peut-être demandé, ces derniers temps, si un de vos voisins n’avait pas pris l’habitude de piquer votre journal dans votre boîte aux lettres, le matin. Mais non, si votre quotidien est devenu un hebdomadaire, c’est parce que la distribution des journaux a été empêchée à plusieurs reprises ces derniers mois, à cause d’un conflit social qui affecte la première entreprise de messageries de presse, Presstalis. Le plan social qui vient d’être présenté aux salariés a relancé la grève votée l’année dernière par les syndicats les mieux implantés dans ce métier : la SGLCE-CGT (CGT des métiers du livre et de la communication écrite) a occupé plusieurs dépôts pour empêcher la livraison de la plupart des journaux jeudi 13 décembre, en guise de protestation contre ce plan qui prévoit la suppression de près de la moitié des effectifs de la société.

La situation actuelle est critique : alors que les ventes de journaux en kiosque ont baissé de 25% au cours des 5 dernières années, dont 8% sur les seuls 8 premiers mois de l’année, les recettes publicitaires plongent, les coûts de distribution continuent d’augmenter, et Presstalis, la principale messagerie de presse, est au bord de la faillite. Placée depuis septembre 2011 sous le contrôle d’une mandataire ad hoc, la société a évité de peu la mise en liquidation judiciaire au début du mois, en présentant un plan de restructuration portant sur 200 millions d’euros d’économie et comportant la suppression de près de 50% de ses effectifs (2 500 personnes au total).

C’est après validation de ce plan par le tribunal de commerce que l’entreprise échappe au redressement, mais c’est précisément ce plan que refusent les syndicats, au risque de faire perdre à l’entreprise encore beaucoup d’argent, en poursuivant la grève et en bloquant les centres de distribution régionale. La négociation tripartite (entre l’Etat, l’entreprise et les syndicats) a donc peu de chances d’aboutir rapidement, ce qui veut dire que d’autres manifestations ou grèves vont probablement avoir lieu dans les prochaines semaines.