La réadoption, une pratique commune aux États-Unis

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Quand l’adoption ressemble à du trafic d'humains
Quand l’adoption ressemble à du trafic d'humains

Pratique qui serait jugée intolérable et choquante en France, la réadoption ou “rehoming” est un phénomène courant et en plein essor depuis quelques années aux États-Unis. Cette pratique dangereuse consiste à séparer des enfants adoptifs de leur première famille d’accueil pour une somme moins importante que celle dépensée lors d’une première adoption. Les enfants, premières victimes de cette tendance, en retirent de graves déséquilibres.

Selon une enquête réalisée par les services publics américains, sur 100 000 enfants adoptés, un peu plus de 25 000 sont abandonnés par leur famille adoptive. Cette séparation est souvent le résultat d’une incompatibilité d’humeur ou du caractère trop marqué de l’enfant. Les parents adoptifs ont donc le choix de rendre l’enfant ou de lui trouver une autre famille d’accueil, et ce, en toute légalité. Profitable aux familles en mal d’enfants, la réadoption est 2 fois moins chère qu’une adoption classique, soit environ 5 000 euros.

Les procédés de réadoption

Les méthodes de recherche d’une nouvelle famille sont aussi incroyables que la pratique de la réadoption en elle-même. Il est courant de trouver des annonces dans les journaux, dans les prospectus ou sur Internet. Certaines agences de réadoption disposent même d’un catalogue en ligne présentant une sélection d’ “enfants disponibles”. Le documentaire États-Unis, enfants jetables diffusé sur France 5 le 19 avril 2016 montre une agence de Pennsylvanie qui présente aux adoptifs potentiels des adolescents orphelins en les faisant défiler sur un tapis rouge. Timides, ces enfants se présentent comme dans un concours de beauté et montrent une certaine peur à l’idée de ne pas plaire. Une fois qu’ils ont retenu l’attention d’une famille, ils passent directement un entretien et une période d’essai pour les persuader.

Des dérives attendues

Les Américains sont loin d’être dérangés par cette méthode assez hors du commun. Des affaires d’abus sexuel liées à cette pratique ont néanmoins suscité leur attention. En effet, aucun contrôle d’antécédents n’est effectué sur les futurs parents, ce qui permet aux prédateurs sexuels d’en profiter. L’affaire impliquant le député Justin Harris, ses jumelles de six ans et son ami professeur (considéré comme pédophile) a d’ailleurs éveillé les soupçons. James Langevin, député du 2e district de Rhode Island, se démène pour encadrer et limiter la réadoption. Les fonds nécessaires à la mise en place de son projet de loi n’étant pas encore réunis, il invite à commencer par vérifier les antécédents des parents adoptifs ou interdire la publication de photos d’enfants.

 

Sources : aufeminin, lexpress

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