Mangez du gras, c'est bon pour la santé !

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Pour avoir une alimentation saine et équilibrée, certains régimes invitent à se passer du gras lorsque d'autres, à l'inverse, en font leur cheval de bataille. Mais que faut-il faire en définitive pour adopter le régime alimentaire idéal ? Vous êtes nombreux à vous poser la question. Retenez avant toute chose un élément important : le gras ne fait pas grossir et ne rend pas malade. Explications.

La plupart d'entre nous pensent dur comme fer que le gras – autrement dit les lipides – est mauvais pour la santé et qu'il entraîne à terme des crises cardiaques. Cependant, ce que tout le monde ignore est que cette idée s'appuie sur l'étude des "7 pays" réalisée par le Docteur Ancel Keys, qui avait cherché à savoir s'il y avait un rapport entre les risques de maladies cardio-vasculaires et le régime alimentaire. Le résultat est que le médecin était parvenu à la conclusion qu'il y avait davantage de maladies cardio-vasculaires dans les pays où l'on mange plus gras.

L'ennui, d'après le médecin nutritionniste Mark Hyman, est que cette enquête quantitative n'a mis en évidence qu'une corrélation ne dégageant aucune causalité. En effet, même si une même population a une consommation importante de gras et contracte davantage de maladies cardiaques, impossible de savoir si ces dernières ont été causées par la première. De fait, toujours selon Hyman, ce serait à cause de ce genre d'études que nous rapprochons systématiquement les gras saturés des maladies cardiaques. Mais en réalité, ces dernières auraient pour incidence de détourner notre attention du vrai coupable, à savoir le sucre.

Pour le mettre en évidence, le médecin s'appuie sur un article publié dans l'American Journal of Clinical Nutrition ayant passé au crible l'ensemble des recherches consacrées aux gras saturés. Résultat : les scientifiques à l'origine de cette méta-analyse en ont conclu qu'il n'existait en fait aucune corrélation entre maladies du cœur et gras saturés. D'ailleurs, le quotidien British Journal of Medicine s'est dernièrement longuement penché sur la question en remettant en cause le mythe des lipides, et donc les causes de l'obésité et des maladies cardiaques. Ainsi, des chercheurs ont réussi à démontrer que même s'il y a bien une diminution du cholestérol dans le cadre d'une baisse des graisses saturées au cours d'un régime, cette diminution concerne en fait le "bon" cholestérol, à savoir les HDL (lipoprotéines de haute densité), qui n'entraînent aucun risque.

Or, à l'inverse, lorsque nous mangeons moins gras, nous avons souvent l'habitude de consommer davantage d'amidon ou de sucre en guise de remplacement, ce qui augmente alors le risque de "mauvais" cholestérol, le fameux cholestérol petit et dense pour sa part bel et bien à l'origine des maladies cardiaques.

¾ des gens ayant une crise cardiaque ont un niveau de cholestérol normal

D'après des études, 75 % des personnes se retrouvant aux urgences avec une crise cardiaque ont en réalité un niveau global de cholestérol normal. Toutefois, ces dernières ont en revanche pour la plupart un pré-diabète ou un diabète de type2. Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Cela sous entend qu'avoir une alimentation contenant des lipides de qualité ainsi que des protéines permet de prévenir, et même dans certains cas d'annuler le diabète et pré-diabète, à l'inverse du sucre et des glucides raffinés.

Pour cette raison, Mark Hyman estime qu'il est crucial de considérer les matières grasses et le sucre de manière radicalement opposée. Non, il ne faut donc surtout pas arrêter le gras et manger de bonnes graisses, comme les avocats, les noix (noisettes, noix – une étude récente montre que la consommation d'une poignée par jour réduit de 20 % les risques de décès –, amandes, noix de pécans, noix de macadamia, à l'exception des cacahuètes), les graines (potiron, sésame, sauge chia, etc.), les poissons gras (sardines, hareng saur, saumon sauvage, maquereau, foie de morue, etc.) ou encore l'huile d'olive extra vierge (cette étude renommée montre que celle-ci permet de réduire de 30 %, à raison d'un litre par semaine, les crises cardiaques).

Aussi, la consommation de produits d'origine animale est vivement recommandée, ce qui a poussé l'Environmental Working Group à développer le guide Meat Eater, qui met en avant les produits à la fois bons pour le corps et pour la planète. Enfin, Hyman rappelle qu'il est d'autre part tout à fait possible de consommer des acides gras saturés tels que le beurre de noix de coco extra vierge. Anti-inflammatoires, ces derniers peuvent aider à régler les problèmes de cholestérol, notamment pour les personnes diabétiques.

Le régime optimal pour les diabétiques : 30 % lipides, 30 % protéines, 40 % fruits et légumes

D'après le Centre de diabète Joslin (États-Unis), les recommandations de l'Association diabétique américaine, selon lesquelles les diabétiques devraient consommer moins de gras, se sont révélées dangereuses en empirant le phénomène. Résultat : les recherches les plus récentes montrent qu'un régime contenant 30 % de lipides, 30 % de protéines et à peu près 40 % de fruits et légumes à teneur faible en amidon (glucides) est à ce jour la meilleure solution pour résorber le diabète.

En somme, le gras ne fait donc pas grossir, à l'inverse du sucre. Mieux : le fait de consommer du bon gras contribue à vous garder en bonne santé. À condition d'éviter les aliments industriels pour se tourner vers les aliments frais, vous pouvez manger sans problème des matières grasses de qualité. Alors profitez-en !

Sources : Mark Hyman, American Journal of Clinical Nutrition, HuffPost, British Journal of Medicine, ScienceDaily