Mangez mieux avant de vous faire opérer, ça aide à guérir

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Certains récupèrent mieux que d'autres après une intervention chirurgicale. La taille, le poids, l'état de santé, le fait de fumer… de nombreuses caractéristiques individuelles semblent intervenir dans la cicatrisation des tissus de l'organisme, le rétablissement postopératoire. "La relation entre les résultats d’une chirurgie et l'obésité a toujours été complexe", admet le docteur Keith Ozaki. C'est avéré, mais incompris. Keith Ozaki a donc observé le rapport entre apport en graisses et chirurgie, afin de vérifier les différentes hypothèses émises à partir de cette incompréhension. Son étude prouve qu'il existe une relation très étroite entre l'alimentation et le bon rétablissement du patient.

Les chercheurs du Brigham and Women's Hospital (BWH) ont nourri 2 groupes de souris : l'un avec un régime très riche en graisse (60 %) et l'autre, le groupe témoin, avec une alimentation plus normale (10 % de graisse).

Les 3 profils type étudiés

En distinguant ainsi les régimes alimentaires, les médecins ont recréé 2 types d'apport calorique : celui du repas gras occidental, et celui du repas normal, dont le taux de graisse est suffisant pour la santé. Après avoir nourri les rongeurs de la sorte, les médecins ont baissé le taux de graisse de l'alimentation de certaines souris afin de constituer 3 groupes : un ayant suivi le régime normal, un ayant suivi le régime riche en graisse, et un ayant commencé par le régime riche puis le régime normal.

Le troisième groupe est différent des 2 autres car son alimentation a évolué. L'apport en graisse diminue, l'organisme travaille. Puis les 3 groupes ont subi la même opération, une opération "classique". Cependant, le rétablissement a été différent d'un groupe à l'autre : les "tissus adipeux" n'ont pas répondu de la même manière.

Une souris naine en train de déjeuner

Manger léger ou gras ?

Lorsque vous vous faites opérer, le chirurgien coupe des "tissus adipeux" : des tissus composés essentiellement de cellules graisseuses, communément appelés "graisse". Présents pratiquement partout dans le corps, ces tissus représenteraient 15 % à 20 % du poids de l'adulte. Ils servent à régénérer l'organisme, qui puise dedans si besoin. Ces tissus enveloppent notamment les organes. Lors d'une opération, les tissus sont ouverts afin d'accéder aux organes. Mais il a été remarqué qu'après l'intervention, la zone touchée pouvait être de moins en moins alimentée en oxygène (hypoxie), à cause d'une diminution de l'apport sanguin (ischémie).

En d'autres termes, le tissu de graisse étant sectionné, les connexions perdent de leur qualité voire disparaissent, et l'organe, sous alimenté en oxygène, risque de s'arrêter lors d'une inflammation aigüe. En effet, plus vous mangez gras (chips, snacking, fast food…) et plus vous habituez votre corps à avoir régulièrement de la graisse en grande quantité. Et rompre les tissus choque brutalement l'organisme, traumatisé.

Un homme se pèse

Faire un régime avant l'opération ?

Le "traumatisme" des tissus adipeux se manifeste par une inflammation, qui peut être aiguë et compliquer le bon rétablissement du patient. Les médecins constatent que les souris ayant suivi le régime riche ont une inflammation plus importante : la réponse des tissus adipeux est plus conséquente car le déséquilibre est plus grand. L'organisme de celles qui sont passées d'un régime riche en graisse à un régime normal a eu une réaction quasi similaire à celle du groupe témoin.

La réaction du groupe témoin est moindre car le manque de graisse se ressent peu. Aussi, réduire le taux de calories quelques temps avant une opération semble habituer le corps à un dérèglement progressif, et pourrait limiter le choc postopératoire en favorisant un bon rétablissement. Un organisme habitué à avoir un apport calorique quotidien important ne peut combler le manque dû à l'opération.

Source : Etude de Keith Ozaki ; Faculté de médecine Pierre & Marie Curie.