Les médicaments anti-montée de lait sont-ils dangereux ?

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Après étude, l’ANSM déconseille la prise de médicaments anti-montée de lait. Pour l’agence, certains de ces médicaments - dont le Parlodel et le Bromocriptine Zentiva -, auraient des effets secondaires entraînants des troubles cardiovasculaires et psychiatriques pour les mamans.

Les médicaments anti-montée de lait sont utilisés après accouchement ou lors d’une interruption de grossesse, mais, après réévaluation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), les effets indésirables qu’ils provoquent rendent leur utilisation plus ou moins dangereuse selon le profil des patientes.

Des effets secondaires inquiétants

D’après l'avis publié par l’Agence, les médicaments anti-montée de lait contenant 2,5 mg de bromocriptide, c'est-à-dire le Parlodel et le Bromocriptine Zentina, présenteraient de graves effets secondaires pour les patientes. Seul problème, cette substance est utilisée en premier lieu dans la composition des médicaments anti-parkinsoniens.

Après réévaluation de ces deux produits en 2012, l’ANSM a déclaré que le rapport risque/bénéfice des médicaments n’était plus favorable. En effet, certaines femmes ont subi des effets secondaires inquiétants au niveau cardiovasculaire (infarctus du myocarde, hypertension artérielle, AVC, convulsion), ou encore de façon psychiatrique (hallucinations et confusion mentale).

Une utilisation non conforme du médicament

Bien que les effets indésirables soient déjà mentionnés dans la notice, le fait qu’ils subsistent encore inquiète fortement l’ANSM. En effet, cette annonce n’est pas nouvelle : en 1993 une enquête de pharmacovigilance, recensait 115 cas d’effets secondaires. Entre autres, les troubles étaient visibles sur 70 % des cas lorsque les patientes possédaient un facteur de risque cardiovasculaire ou psychiatrique, un dosage du médicament inadapté, dans le cas d’une prise prolongée du traitement ou encore lorsqu’il était associé à un autre médicament.

Depuis, et comme l’indique le Professeur Joseph Emmerich à Slate, des mesures ont été prises afin d’éviter la prise de ces comprimés de façon non-conforme. Pourtant, même avec ces mesures, plus formelles, la nouvelle enquête de pharmacovigilance de 2012 dévoile un grand nombre d’effets secondaires sur les patientes, tant et si bien, qu’en tout 228 femmes souffraient de ces troubles.

Un rapport de risques et de bénéfices à ré-évaluer

D’après l’Agence, les femmes et leur bébé ayant pris ces médicaments dans le passé ou le futur, n’ont pas d’inquiétudes à avoir. Seules celles présentant des risques cardiovasculaires, psychiatriques, de surpoids, d'hypertension ou de tabagisme doivent consulter un médecin afin de se faire prescrire un autre traitement.

L’ANSM ajoute que la prise de ces médicaments est recommandée uniquement sur avis médical et non pas pour cause d’inconfort. D’autant plus, qu’un mois après l’accouchement, la prolactine - l’hormone produisant le lait - contenue dans la glande mammaire revient à un taux normal. Il est préférable d’utiliser du paracétamol en cas de douleur, ou un anti-inflammatoire lorsque des engorgements surviennent.

En attendant que l’ANSM effectue une balance des risques et bénéfices de ces médicaments à l’échelle européenne, et si le besoin d’un recours à un médicament anti-montée de lait est nécessaire, certains traitements sont ou seront commercialisés. Ils ne sont pas à base de bromocriptide, mais de lisuride (pour le médicament Arolac) ou de cabergoline pour un médicament du même nom qui sera bientôt commercialisé.

Sources : Slate et Le Nouvel Observateur