Moins coûteuse, moins nocive, la cigarette électronique est aussi plus écolo

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Ces derniers mois, le marché de la cigarette électronique a fortement impacté les ventes de tabac et la lutte contre le tabagisme. Mais cette croissance fulgurante a entraîné la sortie d'une multitude de produits aux qualités pour le moins variables. Si des e-cigarettes "bio" ont récemment fait leur apparition, ces dernières peuvent-elles vraiment faire office d'alternative ?

Aujourd'hui, l'intérieur des boutiques de cigarettes électroniques donne de plus en plus le sentiment d'être chez un opérateur de téléphonie mobile voire même un parfumeur. Pour les connaisseurs, les choix sont pléthoriques : batteries, cartouches, atomiseurs (parfois appelés clearomiseurs), aromes liquides, doses de nicotines. Des alternatives qui viennent à l'esprit quand vient le moment de choisir sa machine à "vaper".

Il suffit  de prendre connaissance du vocabulaire employé par les initiés : il est question de "doser ses prises dans la journée" ou encore de "préserver la qualité de l'expérience" pour se rendre compte que le vapoteur est nettement plus exigeant que le fumeur de cigarette classique. Reste que la plupart des "gros fumeurs", au moment de passer à l'e-cigarette, trouvent souvent le goût de certains solvants présents désagréables. C'est qu'il serait en réalité nécessaire de se renseigner sur les e-liquides disponibles et se pencher sur les différents assemblages possibles. Car à ce titre, tous les fabricants n'auraient, comme le met en évidence la journaliste du Monde Anne-Sophie Novel, pas la même approche et encore moins la même éthique

Halte aux mauvais e-liquides

De manière générale, ce qu'on appelle e-liquide est soit un mélange de propylène glycol (PG), soit de glycérine végétale (GV). Comme le détaille le site ego-cigarette, le propylène glycol est peut-être moins visqueux et offre un hit, autrement dit une bouffée de cigarettes, plus soutenu, mais  produit moins de vapeur. À l'inverse, la glycérine végétale est plus visqueuse, génère plus de vapeur mais moins de hit. Outre cette base de PG et de VG, s'ajoutent des arômes et un peu d'alcool distillé et/ou d'eau pure permettant de recréer le hit en gorge de la cigarette.

Côté taux de nicotine, celui-ci varierait entre 0 et 20 mg par millilitre. Mais s'il est recommandé d'opter pour la nicotine naturelle, cette dernière est beaucoup moins facile à dénicher que la nicotine synthétique, en grande majorité fabriquée en Chine, qui représente l'essentiel du marché.

Même si les composants plus sains sont peu nombreux à être conçus en France, un certain nombre de marques ont toutefois choisi d'assurer une production plus locale et naturelle. C'est le cas de Sud Liquid, société qui teste ses produits six mois durant avant mise en vente, Vincent dans les Vapes, qui permet de concevoir des e-liquide à la carte ou encore NaturaCig, qui dispose de la certification Ecocert. Ces trois entreprises n'assemblent donc pas des cigarettes électroniques avec des produits mis au point à l'étranger, mais via la glycérine végétale bio et des arômes naturels produits en France.

Des e-liquides bio conçus dans l'Hexagone, mais deux à trois fois plus chers

Reste que ces produits plus sains pour la santé sont aussi plus coûteux : il faut compter près de 7 euros contre 3 euros en moyenne pour une dose classique, qui correspond à l'équivalent de 8 paquets classiques. Une différence de prix qui ne freinerait néanmoins pas les acheteurs, selon les vendeurs spécialisés.

Mais sachant que les accessoires d'e-cigarettes ne sont pas éco-conçus, ces dernières sont-elles plus écolo ? Les spécialistes estiment pour l'heure que les pollutions directes dans l'environnement sont moins importantes – grâce à l'absence ou presque de mégots -, mais il est cependant encore trop tôt pour en savoir plus sur leur empreinte écologique. Il serait en effet pour cela nécessaire de se renseigner par exemple sur la qualité du plastique utilisé – il n'est pas exclu que le Bisphénol A contenu dans ce dernier ait une influence – et d'évaluer l'énergie nécessaire pour recharger les batteries.

Quoi qu'il en soit, en l'absence d'une étude sanitaire sur la question, vapoter "bio" semble plus prudent. Même s'il faut garder en tête que le fait de fumer, bio ou pas, tue.

Sources : alternatives.blog.lemonde, latribune, ego-cigarette