Mois de la photo : les clichés s'installent dans 80 lieux culturels parisiens

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Voilà 32 ans que le Mois de la photo dissémine ses créations dans le tout Paris chaque mois de novembre. Galeries, musées, centres culturels, le rendez-vous est donné un peu partout dans la capitale. L'occasion d'admirer la photo dans tous ses états, du petit format noir & blanc à l'instantané d'actualité sans oublier la photo d'art.

Aujourd'hui, il ne fait désormais plus aucun doute que la photographie – médium jadis mal considéré – est devenue un art majeur. La preuve : le Mois de la photo reste pour de nombreux parisiens un évènement populaire incontournable. Pour cette nouvelle édition, la manifestation réserve quelques rendez-vous immanquables.

En vous rendant à la galerie Karsten Greve (3ème arrondissement), vous pourrez notamment profiter du vibrant hommage rendu à la pionnière du photojournalisme Ilse Bing (1899 – 1998), qui offre une plongée dans le Paris des années 1930. Réunis sur trois étages, les clichés pris au Leica, qui offrait à l'époque des angles de vue novateurs, témoignent d'une inventivité sans limite. Sous le regard de Ilse Bing, Paris chavire tout en poésie.

Au centre culturel irlandais (5ème arrondissement), la série Infra signée par le photographe irlandais Richard Mosse interroge le spectateur sur son rapport à la violence et aux médias. Avec son Kodak Aéro-chrome, dont la particularité est de colorer systématiquement les paysages en rose-rouge, cet artiste célébré dans le monde entier a couvert le conflit faisant rage à l'est du Congo. Sa spécificité : reprendre à son compte les codes du photojournalisme pour mieux les détourner (des soldats armés sur fond de végétation rose bonbon, etc.). S'agit-il de sucrerie ou de sang, Mosse laisse le doute planer.

Enfin, s'il ne fallait retenir que deux autres évènements pour ce Mois de la photo, il s'agirait sans aucun doute du grand reportage réalisé par la documentariste Françoise Huguier, exposé à l'académie des Beaux-Arts (Paris, 6ème arrondissement), mais aussi des clichés du photographe Jesse A. Fernandez (1925 – 1986) à la Maison de l'Amérique Latine (7ème arrondissement). Un zoom ombrageux sur les classes moyennes asiatiques pour la première, le parcours d'une vie partagée entre La Havane et Paris pour le second, à travers des photos et des peintures. De quoi remémorer la bataille originelle entre la photographie et le troisième art.  

Mais aussi…

La photographie en 100 chefs-d'œuvre, jusqu'au 17 février 2013 à la BNF, site Mitterand.

Sophie Zénon, Cadavres exquis, Le grand livre de Palerme, jusqu'au 15 décembre à la galerie Theresa Herold.