Musique : voilà pourquoi la plupart des tubes durent 3 minutes

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À l’origine, le formatage des chansons n’est pas seulement relatif aux auditeurs impatients ni aux logiques marketings des majors. Non, le phénomène est en fait lié aux limitations techniques des disques, comme le met en évidence le site Mashable.

Partout dans le monde ou presque, les chansons les plus vendues et écoutées durent un peu plus ou un peu moins de trois minutes. Mais alors qu’il serait facile aujourd’hui d’attribuer cet état de fait au cahier des charges des tubes en puissance, qui à l’instar des blockbusters doivent disposer de telles ou telles caractéristiques pour faire mouche, il n’en est rien. Au départ, cette exigence dépendait en effet d’une limitation technique inhérente au support disque lui-même.

Le site Mashable souligne ainsi que jusqu’aux années 1950, la musique ne s’écoutait que sur des 78 tours, de disques en gomme-laque ne contenant au maximum que trois ou quatre minutes de son. S’ensuivit la sortie du vinyle 45 tours, également limité à trois minutes par face. Or, il faut savoir qu’afin d’espérer un jour passer à la radio, les groupes devaient dans un premier temps obligatoirement sortir un 45 tours single. Et de rappeler que l’ensemble des singles des Rolling Stones, d’Elvis ou encore des Beatles ont été vendus en 45 tours. Dans le cas des Beatles, par exemple, toutes les chansons enregistrées de 1962 à 1965 ne duraient pas plus de trois minutes.

Bob Dylan, le défricheur

Il aura finalement fallu attendre Bob Dylan et son célèbre tube Like a Rolling Stone (pas moins de 6 minutes et 34 secondes au compteur) pour changer la donne. Si la maison de disque Columbia Records a d’abord évité d’en faire un single, un employé a transmis la chanson à un DJ, chanson qui est par la suite devenue un des premiers longs tubes de l’histoire du rock.

Dès lors, dans les années 1960, indique Vox, les titres se sont étirés – comme peuvent en témoigner nombre de tubes de Jimi Hendrix et Led Zeppelin. Mais une fois passé le cap des années 1990, la durée moyenne des titres est retombée à 3 ou 4 minutes, dans la plupart des cas dans une optique commerciale. Le principe est simple : d’une part, rares sont les personnes à acheter des albums complets, et par ailleurs, une chanson dépassant une certaine durée ne peut pas passer à la radio.

Désormais, seuls quelques genres parviennent encore à échapper à la règle, come le jazz, le hip hop, mais aussi, parce qu’elle fait danser et que la plupart souhaitent danser plus de trois minutes, la musique électronique.

Sources : slate, musicbrainz, vox