Nouvelle idée pour lutter contre le chômage : briser les règles

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Chômage, pouvoir d'achat, crise économique… Tous ces termes martèlent notre quotidien depuis 5 ans déjà, devenant un thème banal. Si jadis, le chômage ne concernait qu'une minorité de Français et d'Européens, la donne a bel et bien changé. Celui-ci deviendrait même peu à peu la nouvelle norme. Alors, face au durcissement du marché du travail et aux coûts colossaux qu'il requiert, des chefs d'entreprise proposent de nouvelles mesures afin de faciliter les embauches et d'assouplir les règles qui les encadrent.

En 5 ans, de nombreuses propositions (réduction du temps de travail, création de logements, d'infrastructures ou d'entreprises…)  ont été portées aux autorités, sans que rien ne change. La Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) a donc présenté le jeudi 30 mai 2013 des mesures draconiennes, car "à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles", explique-t-elle. Pour cela, il faudrait selon elle faire fi des règles minutieusement établies qui, en temps de crise, ne font que rouiller la machine, aussi bien huilée soit-elle.

Pour inciter à l'embauche : assouplir les règles

Tout d'abord, pour ne pas perdre des emplois qui existent déjà, le renouvellement des CDD devrait selon la CGPME se faire "librement et sans contrainte". Car un salarié en fin de CDD est un Français supplémentaire sur les listes de Pôle Emploi, augmentant le nombre déjà important des chômeurs. L'entreprise, de son coté, doit chercher un nouvel employé. Résultat : une perte de temps et d'argent, qui pourrait être évitée avec un renouvellement plus systématique des CDD. Dans un deuxième temps, elle demande que la POE (Préparation Opérationnelle à l'Emploi) se développe et s'intensifie : la POE est la formation "sur mesure" d'un chômeur en fonction d'une offre d'emploi. Ainsi, le demandeur d'emploi correspond immédiatement au poste qui lui est proposé. Ces formations font leurs preuves puisque leur taux de réussite serait proche des 85 %.

Afin de booster l'embauche, le CGPME propose de suspendre le seuil des 50 salariés : lorsqu'une entrepris passe de 49 à 50 salariés, de nombreuses obligations administratives et financières s'ajoutent aux dépenses existantes. Aussi, les entreprises préfèrent conserver leur petit effectif que de passer à la catégorie supérieure juste à cause d'une personne. Par ailleurs, il y a, en France,  "2,4 fois plus d'entreprises de 49 salariés que de 51", précise la CGPME. Si ces obligations sautent, les entreprises embaucheront davantage, sans crainte de la faillite.

Enfin, la dernière proposition concerne les entreprises de moins de 20 salariés. Pour les inciter à l'embauche - plutôt que de ne passer que par les stages et les CDD - il faudrait exonérer de charges patronales les emplois créés pour des débutants, et ce durant 4 ans. Une manière de laisser le temps aux patrons de former correctement les nouveaux, sans perdre trop d'argent. Car un nouveau salarié représente pour l'entreprise une nouvelle dépense, sans valeur ajoutée : outre les charges, sa formation coûte cher, et le temps qu'il s'adapte, l'entreprise perd de l'argent. Pour des petites enseignes, ces coûts sont si élevés qu'elles ne peuvent se permettre le luxe d'un nouvel employé. Et le circuit ne tourne plus.

Le nombre de chômeurs frise les 5 millions en France métropolitaine

Des chiffres en hausse constante en France comme en Europe

D'après un communiqué d'Eurostat, la zone euro, comprenant les 17 États membres (ZE17), voit son taux de chômage sans cesse augmenter, de mois en mois. Entre mars 2013 et avril de la même année, près de 95 000 personnes se sont ajoutées aux rangs déjà bien fournis des chômeurs. En un an, soit depuis avril de l'année dernière, si le taux de chômage n'a pas baissé, il ne s'est pas non plus stabilisé : il s'est accru de plus d'1.5 million de personnes (1 644 000 plus exactement). Cela donne une moyenne de 137 000 nouveaux demandeurs d'emploi tous les mois depuis un an. En France, la tendance ne semble pas s'améliorer puisqu'on note un nouveau record absolu.

En effet, l'Hexagone observe une hausse constante du nombre de chômeurs depuis 5 ans, sans aucune interruption depuis 2 ans. Parmi les nombreux types de chômage, la catégorie A concerne les personnes n'ayant pas travaillé au cours du mois : ils sont plus de 3 millions. Leur nombre a grossi de 39 800 demandes supplémentaires en un mois, soit un peu plus de 1 300 par jour. Cette hausse, assez extraordinaire, est la 3e plus importante depuis 2011.  Enfin, si l'on ajoute à ce chiffre les catégories B et C, le nombre de chômeurs frise les 5 millions en France métropolitaine (4,8 millions), et les dépasse avec les Dom (5.1 millions), marquant une augmentation de 10 % en un an.

À noter qu'aura lieu les 20 et 21 juin prochains une conférence "pour l'emploi", qui informera des prises de décision du Gouvernement, comme l'indique Les Echos. Affaire à suivre.

Sources : CGPME ; France-Inflation ; AFP avec Libération