Nouvelle réforme des retraites : qu'allez-vous devoir payer en plus ?

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Afin de remédier d'ici 2020 au déficit de 7,6 milliards d'euros du régime des retraites, le projet de réforme sous tend une contribution supplémentaire de la part des salariés et retraités. Quels changements faut-il attendre de cette dernière au niveau des fiches de paie et des avis d'imposition ?

Concernant les retraités

Le report de l'indexation annuelle, qui passe au 1er octobre, et la fiscalisation de la majoration de 10 % pour les retraités parents de trois enfants et plus, vont entraîner une hausse d'impôt de 26 euros par mois, soit 315 euros par an, dans le cas d'une pension mensuelle de 1 700 euros, pension moyenne des salariés. Une augmentation qui passe à 38 euros, soit 460 euros par an, dans le cas d'une retraite de 2 500 euros.

Concernant les salariés

S'agissant des actifs, le projet de réforme va entraîner trois changements sur le plan financier. D'abord, l'augmentation progressive des cotisations retraites va se faire sentir du côté des fiches de paie à partir de l'année prochaine. À titre d'exemple, le relèvement de 0,15 point attendu pour 2014 va avoir pour conséquence un prélèvement de 2,15 euros en plus par mois, dans le cas d'un salarié touchant le SMIC. Ensuite, en 2018, l'augmentation totale de 0,3 point correspondra à 4,50 euros de cotisation en plus chaque mois, autrement dit 54 euros par an dans le cas d'un SMIC. La hausse annuelle sera donc de 45 euros en 2014 et 90 euros dès 2018 pour un salaire de 2 500 euros. Un dispositif qui devrait permettre à Matignon de générer 1 milliard d'euros à partir de 2014 et 2,2 milliards dès 2020.

Par ailleurs, le financement de la réforme pourrait également supposer une augmentation des impôts pour les salariés. Pourquoi ? Parce que la compensation de l'effet induit par la hausse des cotisations retraites patronales prévues dans la réforme suppose la refonte du financement de la sécurité sociale. Ce qui pourrait entraîner un abaissement des cotisations familiales et maladie employeurs. Résultat : la CSG pourrait se renchérir.

Le dernier point concerne pour sa part l'étendue progressive dès 2020 de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. Même si cette mesure rapporte 2,7 milliards d'euros au gouvernement en 2035 par le biais de nouvelles cotisations, de nombreux actifs pourraient néanmoins choisir de solder leur retraite en avance afin de ne pas travailler à un âge trop avancé – 68 ans dans le cas d'un salarié ayant travaillé à partir de 25 ans. De même, d'autres pourraient opter pour le rachat des trimestres de leur période d'études post-bac : rappelons que le projet Ayrault compte rendre possible un rachat à prix avantageux dans les cinq à dix premières années de vie active et dans la limite de quatre trimestres. Selon les premières rumeurs, ce prix pourrait s'élever à 1 000 euros de moins que les tarifs actuellement de mise, autrement dit entre 300 et 1 500 euros par trimestre racheté. Tant et si bien qu'il faudrait 1 200 à 6 000 euros pour obtenir une année de cotisation supplémentaire.

Sources : echos.fr, 20minutes, LeMonde