Les ossements du plus vieux dinosaure connu révèlent leur secret

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Le Nyasasaurus parringtoni, la plus vieille créature vivante du règne des dinosaures, révèle enfin ses secrets. Cette découverte bouleverse plusieurs certitudes scientifiques.

Ses ossements avaient été découverts durant les années 1930 mais jusqu’à aujourd’hui, ils avaient gardé leurs secrets. Ce n’est que grâce à l’évolution des techniques de datation et des analyses en laboratoires que nous devons cette découverte. Le Nyasasaurus parringtoni est un petit dinosaure, de la taille d’un "labrador retriever mais avec une queue de cinq pieds de long (1,50 m.)", selon le communiqué de l’Université de Washington. Jusque-là, rien d’anormal, si ce n’est l’âge ancestral des ossements : environ 243 millions d’années, c’est-à-dire 10 millions d’années avant que les Herrerasaurus et les Eoraptor, dinosaures parmi les plus primitifs connus, ne parcourent le monde. Cette découverte remet alors en question la date à laquelle où les premiers dinosaures sont apparus et se sont développés à la surface du globe.

243 millions d’années après

Le Nyasasaurus parringtoni aurait vécu lors de l’Anisien (entre 240 et 250 millions d’années), une époque que les paléontologues ont longuement étudié pendant un siècle et demi à travers les fossiles, sans réel succès. Une expédition mené par le paléontologue Rex Parrington a découvert ses ossements (un humérus et six vertèbres) en Tanzanie. C’est de là que vient son deuxième nom (parringtoni). Le premier rend hommage au lac Nyassa (aujourd’hui le "lac Malawi") en Tanzanie. Malgré leur découverte précoce, aucune étude ne s’est intéressée aux ossements avant les années 1950. Et ce n’est qu’aujourd’hui que la lumière est faite sur les mystères de cet ancêtre préhistorique.

La localisation tanzanienne de ces ossements et la remise en contexte (à l’époque tous les continents étaient regroupés au sein de la Pangée) confirme une autre hypothèse des scientifiques : les dinosaures seraient à l’origine nés au sud de la Pangée (ce "sud" regroupait l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Australie et l’Antarctique). Une découverte certes effectuée en laboratoire, mais qui peut relancer l’enthousiasme des chercheurs pour de nombreuses années.