Paris : une chambre de bonne vous coûtera 84% de plus qu'en 1990

Article mis à jour le 

Alors que Paris fait face à une crise du logement, les toitures de la ville offrent un potentiel inestimable.
Alors que Paris fait face à une crise du logement, les toitures de la ville offrent un potentiel inestimable.

Aménagées au dernier étage des immeubles haussmanniens, ces anciennes chambres de domestiques sont souvent exiguës et insalubres. De moins en moins vendues, leurs prix ne cessent pourtant d’augmenter, jusqu’à atteindre des sommes astronomiques. L’encadrement des loyers parisiens serait en partie responsable de cette désaffection.

Toujours plus petit, toujours plus cher

La chambre de bonne est une spécificité historique de l’immobilier français. Ces minuscules logements perchés sous les combles des immeubles parisiens ne dépassent pas les 15 m2. Les équipements sanitaires sont situés sur le palier et partagés avec les autres locataires. On pourrait croire que ces micro-logements se vendraient pour une bouchée de pain. C’est pourtant tout le contraire : leur prix médian a augmenté de 84% depuis 1990. En 2015, une chambre de bonne coûte à la vente environ 70 500 euros, voire 100 000 euros dans le 16ème arrondissement. Dans le même temps, la surface moyenne n’a cessé de s’amenuiser, passant de 12 m2 en 90 à 9 m2 en 2005. En conséquence, ce marché de niche attire de moins en moins d’acheteurs. Sur un parc estimé à environ 115 000 unités, 85% des chambres de bonne restent vacantes.

La faute à la législation immobilière ?

Dans les années 90, aucune législation immobilière n’imposait une surface minimum de mise en location. Les transactions grimpaient alors à 3 000 par an. Les chambres de bonne offraient en effet une meilleure rentabilité qu’un studio ou un appartement. Depuis, la loi sur le logement décent de 2002 assure un minimum de sécurité et de santé des locataires : pour être mis en location, un logement doit faire au moins 9 m2, et son plafond atteindre 2, 20 m de haut. Or, ce n’est pas le cas de nombre chambres de bonne. Encadrement des loyers, taxation des micro-logements, la législation immobilière pèse sur les transactions, qui ont chuté à 2 000 lors de la crise financière.

Des aménagements deviennent nécessaires pour relancer les ventes des chambres de bonne. Des travaux de mise aux normes, comme un surélèvement du plafond, pourraient permettre de gagner du volume et revaloriser ces logements prisés des étudiants.

 

Sources : Le Figaro, Le nouvel observateur, Les Echos

Cet article a recueilli 1 avis. 100% des utilisateurs ont trouvé cet article "pratique".

Les catégories relatives à cet article : immobilier