Partager des photos sur Internet sans se sur-exposer : les conseils de la Cnil

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Chaque jour, pas moins de 300 millions de photos sont diffusées sur les réseaux sociaux, d'après une étude TNS Sofres. Tant et si bien qu'aujourd'hui, la photo s'est complètement métamorphosée sous l'effet du web. Mais cette multitude d'échanges et de partages de clichés ne pose-t-elle pas un problème en termes de vie privée ? Pour répondre à la question, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) vient de transmettre ses recommandations d'usage.

De Facebook à Twitter, de FlickR à Pinterest, les réseaux sociaux accueillent aujourd'hui plusieurs centaines de millions de photos chaque jour. Et pour cause, le PDG d'Instagram, Kevin Systrom, vient de faire savoir que son application était en mesure d'atteindre le milliard d'utilisateurs. Cette croissance importante s'explique en partie la croissance impressionnante des ventes de smartphones. Petit à petit, les objectifs des téléphones intelligents, toujours à portée de main, gagnent du terrain par rapport aux appareils photos classiques qui peinent à se démarquer. Ainsi, en novembre dernier, les appareils compacts ont accusé une baisse colossale de 48 % sur un an.

De plus en plus, la photo devient l'élément essentiel sur les réseaux sociaux. Le cabinet de communication de Barack Obama ne s'y sera pas trompé, en joignant au tweet célébrant la réélection du président américain un cliché du couple présidentiel s'enlaçant. Résultat : le tweet est devenu en quelques heures le plus repris de l'histoire de Twitter, avec pas moins de 810 000 partages. À ce sujet, la Cnil indique que la photo en général est devenue un élément capital dans la vie numérique. En outre, le cycle de vie de cette dernière a considérablement évolué, la possibilité de tagguer les photos permettant notamment de lui offrir une existence indépendante de celle de son auteur.

Quid de la protection de la vie privée dans ce cadre ? D'après la présidente de la Cnil, Isabelle-Falque Pierrotin, les utilisateurs de Facebook sont dans un usage ambivalent : d'un côté, ces derniers ont des habitudes de partage très ancrées, de l'autre, ils ont un besoin très net de protection. C'est en tout cas ce que révèle l'étude menée par l'institut de sondages TNS Sofres, qui souligne que 60 % des utilisateurs interrogés déclarent être mécontents du niveau de confidentialité du réseau social. À l'inverse, toujours selon le sondage, les internautes seraient 88 % à avoir conscience qu'il est préférable de ne pas publier n'importe quelle photo. Enfin, 25 % d'entre eux auraient l'habitude de poster des images de leurs amis sur Facebook sans demander leur consentement.

Aujourd'hui et dans l'optique d'un "droit à l'oubli numérique", la Cnil affirme que les réseaux sociaux sont inhumains dans la mesure où ils n'oublient pas un détail de notre identité numérique. Afin d'y remédier, elle souhaiterait mettre en place une nouvelle contrainte pour les réseaux sociaux qui amènerait ces derniers à déréférencer toute photo passé une période donnée. À noter qu'aujourd'hui, la loi impose que les sites ne collectent de données personnelles que pour un temps donné. Pour l'heure, ce projet n'a pas fait d'émules du côté du ministère de l'Économie numérique.

Quoiqu'il en soit, les recommandations de la Cnil concernant le partage de photos sur internet sont les suivantes :

1. Les photos doivent être adaptées au site sur lequel elles sont publiées.

2. L'accès à ces dernières, et ce tous réseaux sociaux confondus, doit être limité.    

3. Prendre du recul avant de diffuser une photo.

4. Demander la permission avant de publier une photo de quelqu'un.

5. Éviter les outils de "tags" et la reconnaissance faciale permettant d'identifier les personnes.

6. Passer régulièrement au crible ses photos et faire le tri.

7. Vérifier de quelle manière vous avez été identifiés (taggués) sur les images publiés sur les réseaux sociaux dans lesquelles vous figurez.

8. Ne pas hésiter à faire supprimer les photos qui vous semblent nuisibles.

9. Méfiez-vous de la synchronisation automatique des photos, et ce d'autant plus sur smartphone, tablette ou sur les derniers appareils photos numériques connectés.

Sources : Cnil / Le Nouvel Observateur