Peut-on vraiment mourir de manque de sommeil ?

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Mardi 20 août, un jeune stagiaire à la City a trouvé la mort mystérieusement après avoir passé trois nuits d'affilée à travailler jusqu'à l'aube. Pour autant, ce rythme de travail effréné a-t-il vraiment pu entraîner son décès ?

Moritz Erhardt, stagiaire de 21 ans à la banque d'affaires Merril Lynch a été retrouvé mort dans sa douche par ses colocataires après trois journées et trois nuits ininterrompues de labeur. Mais le travail – souvent considéré comme la maladie du siècle – doit-il être tenu pour responsable de ce décès particulièrement précoce ? Impossible, pour l'heure, d'avoir une idée arrêtée sur la question. D'après certaines sources, Erhardt était épileptique. Or, le manque de sommeil couplé au stress est un facteur de risque contribuant à augmenter le risque de crise d'épilepsie. Ce cas particulier mis à part, peut-on d'une manière générale mourir par manque de sommeil ?

Mourir parce qu'on ne dort pas assez, c'est possible ?

En 2009, le site Slate.com s'était déjà posé la question, alors que les méthodes d'interrogatoires appliquées à Guantanamo – parmi lesquelles la privation de sommeil – défrayaient la chronique. Il faut savoir que l'absence de sommeil, à partir de 24 heures d'éveil provoque de légers troubles hormonaux : les taux de TSH et de cortisol augmentent, induisant par la même une augmentation de la tension artérielle. Dès lors, la température du corps a tendance à diminuer, les capacités de défense immunitaire à s'amenuiser.

Si rien n'a jusqu'à présent permis de prouver qu'un être humain ait déjà trouvé la mort à cause du manque de sommeil, les nombreuses études réalisées sur les animaux insinuent néanmoins fortement cette éventualité. Ainsi notamment, dans les années 1980, un chercheur a effectué une expérience sur des rats en les privant de sommeil. Au bout de 32 jours, aucun d'entre eux n'a survécu. Problème : aujourd'hui encore, les scientifiques ayant participé à l'expérience ne sont pas d'accord sur les causes des décès. Toutefois, trois hypothèses ont été émises pour les expliquer : l'hypothermie, l'infection bactérienne liée à la baisse des défenses immunitaires et le dérèglement cérébral.

Des conséquences potentiellement identiques sur les hommes

Même s'il est pour nombre de scientifiques plus que probable qu'une expérience semblable entraînerait un résultat similaire sur des hommes, aucune expérimentation scientifique sur des humains n'a jamais dépassé les trois jours sans sommeil, éthique oblige. Quoiqu'il en soit, sans aller jusqu'à conjecturer les effets des cas extrêmes, rappelons que le simple manque de sommeil, induit par exemple par des nuits trop courtes, a des effets néfastes sur la santé. Des effets notamment résumés par cette infographie signée Health Central, d'après laquelle une semaine sans dormir dérègle la façon dont nous réagissons au stress et l'état global de notre santé.

Sources : Slate, Health Central, Pratique.fr