Pharmacies en ligne : 97 % seraient des sites frauduleux

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Internet n'a pas de frontière et pour cela, il représente un atout considérable dans le commerce. L'argent est converti en ligne, les courses se font depuis le salon et, bien souvent, les prix sont inférieurs à ce que l'on trouve en France. Un grand luxe. Depuis que les médicaments aussi sont vendus sur internet, de nombreux gestionnaires à la morale douteuse se sont improvisés pharmaciens et vendent librement des médicaments. Alors, évitez de vous retrouver avec un sachet de sucre en pensant prendre un doliprane, car mis à part une augmentation de votre glycémie, vous n'y gagnerez rien.

A chaque qualité son défaut équivalent. Si le commerce à distance est agréable, il est aussi moins prudent puisque le produit n'est pas essayé. A l'inverse du déplacement en boutique, rien ne garantit, en passant par internet, que ce que vous recevrez est bien ce que vous avez commandé. Aussi, L'Association Nationale des Conseils de Pharmaciens (National Association of Boards of Pharmacy) révèle quelques chiffres.

1 médicament sur 2 est faux

Si vos amis vous ont vanté les vertus du commerce médical en ligne, méfiez-vous d'eux, car la moitié vous a berné : d'après les dernières estimations, plus d'1 médicament sur 2 vendus sur internet seraient une contrefaçon, selon l’OMS et l’EAASM (European Alliance for Access to Safe Medicines). Cela représente 1 médicament sur 10 vendus dans le monde. Parmi les médicaments illicites, 3 types existent : les vrais médicaments détournés ou vendus sans autorisation (contrebande), les vrais médicaments modifiés (contrebande et contrefaçon) et les faux médicaments (contrefaçon).

Les vrais médicaments détournés sont extrêmement dangereux. Si l'automédication n'est pas recommandée, le mélange des médicaments l'est encore moins. En suivant un traitement avec le mauvais médicament, vous risqueriez de provoquer l'effet inverse, ou d'ingérer des substances non réglementées, reconnues allergènes voire plus dangereuses. Les conséquences peuvent donc être inattendues et peu plaisantes.

Il en va de même pour les vrais médicaments modifiés. Cela consiste à modifier le principe actif (ce qui agit) soit en le réduisant, soit en ajoutant d'autres molécules au comprimé. Votre médicament sera le vrai, mais sous-dosé. Pour des maladies graves, les conséquences peuvent être irréversibles. De plus, les notions d'hygiène des fossoyeurs étant tout à fait relatives, d'autres maladies risquent de se développer à causes d'impuretés dans les médicaments ou de contamination lors de leur manipulation.

Enfin, les faux médicaments contrefaits. Vous vous retrouveriez avec une petite gélule blanche, comme d'habitude, mais plutôt que de soulager votre mal de dos, vous n'auriez qu'un goût farineux ou sucré dans la bouche. Et votre mal de dos. Le week-end du 26 mai 2013, la douane du Havre fait une saisie historique : plus d'un million de sachets d'aspirine, venus de Chine et prévus pour la vente sous le manteau. Après quelques analyses, il s'est avéré qu'il ne s'agissait que de sucre, et rien de médical.

Les faux médicaments ne se distinguent pas des vrais

Malgré des millions de contrefaçons, ne vous faites pas avoir !

Ce genre d'intervention douanière est de plus en plus fréquent. Si cette fois-ci seul un million de médicaments a été découvert, ce sont 82 millions de médicaments illicites qui ont été saisis en 2012 dans 16 ports d'Afrique. En valeur marchande, cela représentait plusieurs dizaines de millions d'euros. Lorsque vous achetez votre médicament sur un site internet, quel que soit son lieu de résidence, les médicaments peuvent venir de ces réseaux. Et plus d'un sont tentés car les médicaments illicites concernent tout type de pathologies : des plus basiques (maux de tête, maux de gorge, rhume…) au plus graves (cancer, VIH, diabète…) en passant par différents troubles médicaux (obésité, impuissance…).

Aussi, en 2012, le nombre de contrefaçons saisies en France est colossal : pas moins de 100 000 ! Et plus de 7 millions ont été saisies par les douanes européennes en 2009. Les saisies internationales sont d'autant plus nombreuses qu'il y a de pays, et elles ne cessent de croitre. Environ 97 % des pharmacies en ligne seraient frauduleuses, d'après une étude sur plus de 10 000 sites testés par la NABP, et vendraient donc des médicaments illicites. Mais il existe des moyens pour repérer immédiatement ces faux médicaments. Les Entreprises du Médicament (LEEM) donnent quelques conseils :

- le code barre : vérifiez-le, il doit être composé de 13 chiffres. Il sert à tracer le produit pendant tout son parcours de commercialisation ;

- l'orthographe : les faux médicaments ont soit une lettre différente, soit un nom qui sonne pareil, mais généralement il existe une différence avec le véritable nom ;

- les hologrammes : présents sur l'un des cotés de la boite, ces signes destinés à renforcer la sécurité du médicament sont très difficiles à reproduire ;

- les étiquettes de sécurité : ces petites étiquettes, présentes sur la tranche inférieure de la boite, agissent comme un sceau : si elles sont rompues, vous saurez que la boite a été ouverte avant vous ;

- l'apparence de la boite : tout bêtement, vous connaissez l'apparence générale et habituelle des boites de médicaments en France (blanches ou bleues, strictes, sobres). Si vous avez un doute rien qu'à cause de l'image de votre produit fraichement arrivé par la Poste, n'hésitez pas, allez voir votre pharmacien pour lui demander conseil.

Pour voir ces zones de sécurité en image sur une boite type de médicament, cliquez-ici

Saisie de médicaments par la Police de Tulsa -

Source : LEEM : NABP