Se plaindre à longueur de journée, est-ce une bonne chose ?

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Évidemment, la complainte à longueur de temps peut sembler une bonne chose à qui la met en application – les doléances permettant alors d'évacuer un trop plein de frustration ou de déception. Mais c'est l'exact paradoxe qui prévaut dès lors qu'il s'agit d'écouter les jérémiades sans fin d'un collègue ou d'un proche. Alors en définitive, se plaindre est-il une bonne chose pour notre santé mentale ? C'est ce à quoi tente de répondre dans un article le New York Times.

De prime abord, le fait de se plaindre constamment ne semble pas très productif, sans compter que cette fâcheuse habitude est souvent difficilement supportable pour votre entourage. Dans cette situation, difficile en effet d'être constructif tant on exprime alors essentiellement notre agacement ou notre énervement.

Prenant conscience du fait qu'elle n'arrêtait jamais de se plaindre, Ann Hodgman, une mère de famille raconte sur le site internet WebMD avoir pris la décision d'arrêter net sa pratique durant sept jours. Une expérience pour le moins frustrante et périlleuse qui lui a néanmoins permis de comprendre en partie ce qu'elle cherchait à exprimer et le but qu'elle souhaitait atteindre en se plaignant.

Au cours de la période, la jeune femme a participé à un match de hockey où son équipe est sortie perdante. À l'issue de la rencontre, l'une de ses coéquipières lui dit : "c'était sympa". Désireuse de se lancer dans une diatribe contre l'équipe adverse et l'arbitre, la jeune femme ne cède finalement pas à la facilité et répond à sa partenaire : "Je ne trouve pas ça sympa de perdre. Je me sens vraiment mal." Un sentiment que sa coéquipière lui avoue alors partager. Avec le recul, Ann Hodgman considère que ce moment où elle a simplement dit ce qu'elle ressentait au lieu de se plaindre l'a fortement apaisé émotionnellement.

"Un monde sans plaintes"

D'après le créateur du site internet A Complaint Free World, Will Bowen, interrogé par le New York Times, pas moins de 10 millions de personnes réparties dans 106 pays ont déjà fait l'acquisition du célèbre bracelet violet portant les mots "a complaint free world" ("un monde sans plaintes"), depuis sa commercialisation en 2006. Le but de la manœuvre, explique Will Bowen, est de changer son bracelet de bras à chaque fois que l'on se plaint, l'objectif étant de ne pas changer de bras durant 21 jours de suite. Une façon selon lui de faire en sorte que les gens se concentrent sur les choses qu'ils désirent plutôt que sur leurs rancœurs.

Ne pas se plaindre ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'insatisfaction

Pour le psychologue Guy Winch, interrogé par le New York Times, retenir ses plaintes n'est pas pour autant toujours une bonne chose. D'après lui, le fait de ne pas se plaindre haut et fort ne veut pas dire que les frustrations et les insatisfactions sont absentes, c'est simplement qu'elles ne sont pas exprimées.

Dans certains cas, socialement notamment, le fait de se plaindre en public peut dessiner un lien social – comme lorsqu'il est question du retard d'un bus ou de l'impolitesse d'une personne dans la queue du supermarché ou dans un métro -. Ce qui constitue alors un type particulier de communication.

Reste maintenant à savoir quelle est la meilleure recette à mettre en œuvre pour se plaindre efficacement. Une chose est sûre : il est inutile de jouer les défaitistes en disant par exemple que de toute façon, "ça ne sert à rien". Mieux vaut, pour résoudre une situation difficile et désagréable, identifier votre objectif, comme par exemple résoudre un problème ou faire en sorte que la situation ne se reproduise plus.

Sources : WebMD, NYTimes, AComplaintFreeWorld