Serions-nous plus violents, à mesure que la température augmente ?

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Si la chaleur peut donner le sourire, elle a aussi parfois le don de pousser certains d'entre nous à bout, jusqu'à devenir violent. C’est en tout cas ce que rapporte une récente étude menée par des scientifiques américains ayant pu constater que les violences de tout type (domestiques, agression, viols ou meurtres) ont tendance à s'accroître en même temps que les températures. Doit-on craindre le pire avec le réchauffement climatique ?

Après avoir étudié plusieurs régions du monde, les chercheurs de deux universités américaines situées en Californie et à Princeton, ont conclu que l’influence du climat jouait sur les comportements sociaux. Publiée dans la revue Science, l’étude dévoile un rapport de cause à effet pour le moins simple mais inquiétant : plus la température augmenterait et plus la violence des hommes grandirait.

Une violence qui augmente selon la température

Pour réaliser cette analyse, les chercheurs ont utilisé une soixantaine d’études leur permettant de prendre en compte plusieurs critères climatologique (hausse des températures, sécheresse). En s'appuyant sur des données quantitatives, les chercheurs ont pu passer au crible tous les types de violences possibles, que ce soit de nature domestique, personnelle ou intercommunautaires, des agressions ou encore des viols ou des meurtres. Enfin, c’est surtout le caractère global de l’étude qui la rend intéressante : les chercheurs ont ainsi étudié les plus grandes régions du monde telles que l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique ou l’Australie.

D’après cette étude, il en ressort en priorité que les êtres humains sont plus sensibles aux changements climatiques et tout particulièrement à la hausse des températures. Cela s’expliquerait en partie par la difficulté de faire face aux températures plus chaudes.

Ainsi, dès que les degrés augmentent sensiblement, un pic de violence est remarqué. L’étude donne ainsi l’exemple de l’Afrique, où une hausse de 0,4 degrés suffit pour augmenter de 4 % le risque de violence personnelle et de 14 % concernant les conflits intercommunautaires. Pire encore, l’étude avance qu’une augmentation globale de 2 degrés équivaudrait à une hausse des conflits entre habitants d’une même nation de 50 %.

Un instinct de survie qui prévaut

S’il est difficile d’avancer une explication, plusieurs théories ont été apportées par l’équipe de chercheurs.

La plus probable serait tout simplement les causes directes d’une hausse des températures. La chaleur induit une sécheresse qui se répercute sur le niveau des récoltes, celles-ci sont amoindries, et l’homme, doté d’un instinct de survie, finit par prendre les armes. Cela pourrait confirmer certaines études au sujet de grands conflits historiques. Comme le relate le Huffington Post, un think tank en février 2013, avait émis l’hypothèse que les révolutions arabes avaient été causées par la sécheresse, entraînant par la suite une hausse globale des matières premières.

Pourtant, comme l’explique Slate, en France, bien que les récents événements dans la ville de Trappes (78) pourraient s’inscrire dans la lignée de l’étude, très peu d’émeutes ont lieu les années où les pics de chaleurs sont atteint dans l’Hexagone.

Pour finir, les chercheurs avancent une autre hypothèse, qui serait de nature plus personnelle et dans laquelle la chaleur aurait des conséquences physiologiques se traduisant par des comportements violents.

Prendre conscience de l’impact du réchauffement climatique

Cette étude est plutôt alarmante sur les risques futurs. Le réchauffement climatique intervient déjà dans de nombreuses autres sphères : réchauffement de la banquise, disparition d’espèces animales, couche d’ozone… Désormais, ce sont les comportements humains qui sont directement touchés.

Les conséquences seraient donc alarmantes d’ici quelques années puisque les chercheurs estiment qu’en 2040, ces variations de comportement selon le climat seront plus marquées. Si le réchauffement climatique n’est pas l’unique cause de violence des hommes, cette étude a le mérite de changer notre vision des vastes conséquences du réchauffement de la planète.

Sources : Huffington Post ; Slate ; L’Express et Santelog