La pollution de l'air ôterait plusieurs mois de vie aux parisiens

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Pour lutter contre la pollution de l'air à Paris, des médecins de la capitale viennent de lancer un appel pour refuser l'indifférence face à l'atteinte de la santé de leurs patients. Selon eux, la pollution ôterait 8 mois d'existence à chaque parisien.

Toux chroniques, asthme, pathologies cardiovasculaires… les médecins parisiens constatent depuis plusieurs années une augmentation inquiétante des problèmes de santé liés à la pollution de l'air. Pour la trentaine de médecins signataires de l'appel, les pathologies observées ne font que confirmer les nombreuses conclusions d'études scientifiques se penchant sur la question. Interrogé par Lci, le docteur Bernard Jomier, installé dans le XIXème arrondissement, indique se sentir impuissant face aux dégâts causés par le phénomène. En outre, les causes de ces pathologies ne sont d'après lui pas traitées sérieusement.

Pour rappel, l'Institut de veille sanitaire (InVs) estime que 3 000 décès pourraient être évités en France chaque année grâce à l'amélioration de la qualité de l'air des neuf principales villes hexagonales. Par ailleurs, d'après les signataires de l'appel, 8 mois d'existence seraient retirés aux parisiens sous l'effet de la pollution. Pour lutter contre ce phénomène, les médecins souhaitent une réglementation plus protectrice de la santé de la population, "au-delà de la communication et des mesures symboliques".

Annoncé la semaine passée par la ministre de l'Écologie Delphine Batho, le "plan d'urgence sur la qualité de l'air", qui prévoit notamment de cibler les 6 millions de véhicules les plus polluants, a été jugé insuffisant par les médecins signataires de l'appel. Fin janvier, une étude de l'APHEKOM expliquait déjà que l'air du métro de la capitale, qui contient un taux considérable de particules fines libérés par les trains, était plus nocif que l'air du périphérique parisien. Conséquence : un parisien de 30 ans pourrait vivre 9 mois de moins qu'un autre français.

Sources : Lci, Metro, APHEKOM