Pourquoi les cartes de fidélité sont (vraiment) loin d'être avantageuses…

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L'Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV) vient de publier une liste des risques encourus par les consommateurs disposant d'une carte de fidélité. Peu ou mal informés, ces derniers verraient entre autres leurs données personnelles transmises à des entreprises tierces, et ce sans leur véritable consentement.

Lors de la souscription à toute carte de fidélité auprès d'une enseigne, les consommateurs seraient peu protégés quant à l'utilisation de leurs données personnelles. C'est en tout cas ce que vient de révéler la CLC à travers une étude publiée mercredi 19 février.

Pendant le second semestre 2013, des enquêteurs bénévoles issus de l'association de consommateurs ont accepté les cartes de fidélité de 11 enseignes. Leur objectif : s'assurer que les règles en matière de protection des données sont bien respectées.

Résultat, leur conclusion met en évidence que le consommateur est très mal informé de l'utilisation véritable des informations qu'il transmet au moment de son inscription (téléphone, âge, mail, etc.). Par exemple, chez Carrefour Market ou Hyper U, les souscriptions sont effectuées en l'absence totale de support d'information. Tant et si bien que le consommateur ne peut tout simplement pas savoir quel usage sera fait de ses données, et ne connaît pas ses droits.

Cependant, les enseignes informant le consommateur à ce niveau ne sont pas pour autant plus transparentes puisqu'au moment où le client remplit leur formulaire, les informations sont noyées dans les conditions générales. Pire : aucune copie n'est transmise au porteur de carte – c'est notamment le cas pour Casino ou encore Weldom.

Non respect général des recommandations de la CNIL

D'autre part, l'étude souligne que les consommateurs ne peuvent dans la plupart des cas pas s'opposer à la transmission de leurs données personnelles. Comme le fait remarquer l'association de consommateurs, nombreux sont les professionnels à s'affranchir des conseils de la CNIL, permettant pourtant un consentement sans équivoque. Il n'est par exemple pas rare que les cases soient pré-cochées, ce qui ne manque pas d'entraîner des sollicitations commerciales intempestives.

En outre, tandis que la loi offre en théorie la possibilité à chacun de consulter les informations les concernant dont dispose un professionnel, il n'en est en général rien en pratique. Ainsi, sur les 19 demandes de communication réalisées par la CLCV, seules 6 réponses partielles sont parvenues, et 5 n'avaient jamais reçu de réponses écrites deux mois plus tard (Eurodif, Springfield, Hors Ligne, Monoprix, Ephigea).

Pour lutter contre ce phénomène préjudiciable pour le consommateur, l'association demande le développement d'une information standardisée concernant l'utilisation des données collectées et les droits dont dispose le consommateur (opposition, rectification, etc.). Une réclamation qui pourrait prochainement déboucher sur la mise en place d'une demande obligatoire de consentement, dans le cas où un professionnel souhaite se servir des données fournies par l'un de ses clients. Par ailleurs, la CLCV préconise un renforcement des sanctions en cas d'abus.

Pour rappel, les données relatives aux clients représentaient un marché d'environ 315 milliards d'euros en 2011 en Europe. Mais ce dernier pourrait s'élever à 1 000 milliards d'ici 2020…

Sources : CLCV, LeParisien