Pourquoi les taxis parisiens sont en grève

Article mis à jour le 

Ce lundi, cinq syndicats de taxis ont appelé à la grève contre l'augmentation de la TVA et le développement des VTC. Quelque temps après la mobilisation des chauffeurs privés, les taxis montent à leur tour au créneau. Leur souhait : obtenir davantage de souplesse.

Aujourd'hui, les taxis font grève à Paris pour dénoncer la "concurrence déloyale" des chauffeurs privés. Voilà plusieurs mois que les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) dénoncent la protection, qu'ils jugent injuste, des taxis appliquée par le gouvernement. Et pour cause : un décret leur imposant un délai de 15 minutes avant la prise en charge de clients est entrée en application le 1er janvier 2014. Mais cette fois, alors que la mobilisation des VTC se poursuit, les taxis ont à leur tour choisi de riposter. Pas moins de cinq syndicats (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST) ont ainsi appelé à une grève lundi 13 janvier à Paris contre le phénomène des VTC et l'augmentation de la TVA. Un certain nombre de professionnels parlent ainsi d'"inégalité".

Entre 2 500 et 3 500 euros de formation pour les taxis

Il existe de nombreuses difficultés pour devenir taxi. Ainsi, la profession est assujettie à une réglementation drastique (loi du 20 janvier 1995). Par exemple, il est nécessaire d'obtenir un diplôme spécifique, le Certificat de Capacité Professionnelle du Conducteur de Taxi (CCPCT), remis par la préfecture du département où le conducteur exerce. La formation relative à ce diplôme s'étend sur deux à trois mois et revient entre 2 500 et 3 500 euros, en fonction de la zone géographique, selon la fédération nationale des artisans des taxis.

De même, les taxis en devenir sont tenus d'avoir un casier judiciaire vierge et de passer la formation Prévention et secours civiques de niveau 1 tous les cinq ans. En outre, alors que le temps de travail des taxis parisiens est limité à onze heures, celui des VTC est plus souple. Toutefois, d'après la Fédération française des transports privés, les chauffeurs de VTC sont pour leur part tenus d'obtenir une carte professionnelle de la Préfecture de police nécessitant trois mois de formation. Un casier vierge et un diplôme de premier secours leur sont par ailleurs réclamés.

Au moins 50 000 euros pour obtenir une "plaque"

Reste que la réelle différence entre les deux professions est que les taxis doivent louer ou acquérir leur plaque. Le coût de cette dernière est variable : de 50 000 euros en province à 250 000 euros dans les grandes villes en moyenne et parfois même 400 000 euros. À cela s'ajoutent les équipements relatifs au véhicule (phares spécifiques, compteurs, imprimantes, etc.), qui coûtent 2 500 euros. Résultat, la fédération des artisans taxis regrette une réglementation trop lourde, alors que les VTC sont plus libres et ont moins de frais à avancer. À titre de comparaison, une entreprise de chauffeurs privés n'aurait besoin que d'une immatriculation de véhicule de tourisme, ce qui correspond à une dépense de 100 euros.

Pour certains professionnels du secteur des VTC, les taxis surestiment les risques liés à l'élargissement de la profession : les VTC vont selon eux étendre l'offre et par extension la demande.

Vers l'extension de la mobilisation ?

Les fédérations de taxis n'ayant pas souhaité faire grève ce lundi envisagent une mobilisation le 15 janvier, si le Premier ministre ne donne pas suite à leur appel.

Sources : artisan-taxi, Snapcar, Metronews