Quelles sont les mesures à adopter pour lutter contre les déserts médicaux ?

Article mis à jour le 

Afin de lutter contre les déserts médicaux, de plus en plus présents en France, le ministère de la Santé avait proposé quelques mesures incitatives envers les jeunes médecins en décembre. Tout juste publiées au Journal officiel du 15 août, quelles sont ces mesures phares ?

D'après les données de l'Ordre des médecins, la France possède en moyenne 306 médecins pour 100 000 habitants en 2012 – un chiffre inférieur aux besoins. La même année, l'Hexagone comptait 12 régions où l'offre de soin était inférieure à la moyenne, dont 8 que l'on peut qualifier de déserts médicaux. Parmi elles, la région Picardie, la Bourgogne, la Haute et la Basse-Normandie, la Champagne-Ardenne, le Centre, les Pays de la Loire, et le Poitou-Charentes. À l'opposé, seuls 2 départements (l'Île-de-France et la région PACA) avaient une densité de médecin supérieure à la moyenne.

Un salaire minimal garanti pour les jeunes médecins

La principale mesure concerne l'insertion de 200 jeunes médecins généralistes grâce à la création de contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG). Cette mesure a pour objectif de faciliter l'insertion dans le domaine médical des jeunes médecins installés depuis moins d'un an ou non installés dans les zones où les offres de soins médicaux sont insuffisantes.

Par le biais de ce contrat, les jeunes médecins généralistes bénéficient d'un salaire mensuel dont le plafond a été fixé à 3 640 euros net. Pour disposer de ce salaire minimum, le jeune médecin devra effectuer 165 actes médicaux. En revanche, dans le cas où le médecin n'atteint pas cette somme, l'Agence Régional de Santé lui versera un complément, et ce pendant une durée de deux ans. Cela permettra donc au jeune médecin, situé dans une zone sous dotée, d'un temps supplémentaire pour se faire connaître de sa nouvelle clientèle.

Des avantages en protection sociales

Le contrat PTMG offre également des avantages dans le domaine de la protection sociale et concerne les femmes médecins. En effet, si ces dernières sont enceintes, elles bénéficieront d'un complément de rémunération forfaitisé pendant tout leur congé maternité. Ce forfait s'adresse aussi aux congés maladies, lorsqu'un médecin est en arrêt maladie durant trois mois. À noter, cependant, que ces avantages n'ont lieu que trois mois après la signature du contrat PTMG.

En échange de ce complément de rémunération forfaitisé, le bénéficiaire s'engage en contrepartie à respecter les tarifs opposables et à participer à la permanence des soins ambulatoires.

Un renforcement de l'allocation pour les étudiants en médecine

Toujours dans le but d'inciter les étudiants en médecine, futurs médecins, à exercer dans des zones où l'offre de soin est rare, la ministre de la Santé désire renforcer le contrat d'engagement de service public (CESP). Mis en place en 2010, ce dernier garantit aux étudiants une allocation mensuelle de 1 200 euros. En contrepartie, les bénéficiaires doivent s'engager à pratiquer dans les régions de désert médical, une fois diplômés.

Pourtant, depuis 3 ans, ce dispositif n'atteint pas l'objectif fixé pour remplir les régions sous dotées de médecins. Ainsi, comme le rapporte La Croix, sur 800 allocations proposées depuis 2010, seulement 350 ont trouvé un futur médecin. En conséquence, ce contrat, jusqu'ici destiné aux médecins, sera également proposé aux étudiant en odontologie.

Ce genre de mesures visant à inciter les médecins à pratiquer dans les zones en besoin n'est pas nouveau. Reste à savoir, si elles seront assez stimulantes pour amener les professionnels à s'installer dans des zones isolées.

Sources : La Croix ; le Quotidien du médecin et le Nouvel Observateur